Monde
Tunis en ébullition contre la dérive autoritaire et la précarité


Plus de deux mille citoyens ont investi les artères de la capitale tunisienne pour exprimer leur rejet d’un pouvoir accusé d’étouffer les libertés et d’aggraver les conditions de vie.
Au son des percussions, une foule déterminée a parcouru le centre-ville pendant plus de deux heures samedi. Cette mobilisation, d’une ampleur notable dans le contexte actuel, rassemblait des militants associatifs, des acteurs politiques et de simples citoyens unis contre ce qu’ils qualifient d’injustices systémiques. Les participants, vêtus de noir et arborant des rubans rouges, ont scandé des slogans en faveur des libertés fondamentales tandis que des sifflets retentissaient dans les rues.
Le rassemblement s’est constitué à l’appel du comité de soutien à Me Ahmed Souab, avocat réputé récemment condamné à une peine de prison pour avoir critiqué l’appareil judiciaire. Le cortège a marqué un arrêt symbolique devant le siège du Groupe chimique tunisien, tenu pour responsable de dégâts environnementaux majeurs à Gabès, puis devant le syndicat des journalistes, qui alerte régulièrement sur les pressions subies par la profession.
Les manifestants ont exigé la libération de plusieurs dizaines de personnes incarcérées ces dernières années, parmi lesquelles des opposants politiques, des avocats, des journalistes et des travailleurs humanitaires. Ces détentions, fondées sur des accusations de complot ou sur une législation relative aux informations fallacieuses, sont dénoncées par les défenseurs des droits humains comme l’instrument d’une répression croissante.
De nombreux participants ont exprimé leur colère face à la dégradation du pouvoir d’achat, accentuée par une inflation persistante, et à la détérioration des services publics. Des retraités, des artisans et des membres des classes moyennes ont témoigné de leur difficulté à subvenir à leurs besoins quotidiens et de leur inquiétude quant à l’avenir du pays.
La manifestation s’est achevée près d’un équipement public récemment rénové, présenté par les organisateurs comme le symbole d’une action gouvernementale insuffisante. Des fumigènes rouges ont été allumés pour marquer la clôture de la marche, tandis que des policiers en civil surveillaient le déroulement des opérations. Les protestataires, sans distinction d’appartenance politique affichée, ont clairement interpellé le chef de l’État, lui demandant de quitter le pouvoir et d’ouvrir la voie à de nouvelles élections.





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