Monde
Trump séduit les communautés amérindiennes, un électorat traditionnellement démocrate


Longtemps acquis à la gauche, de nombreux autochtones américains semblent désormais séduits par le discours du président républicain, malgré des clivages persistants au sein de ces communautés.
Dans les vastes étendues de la Nation Navajo, en Arizona, un changement politique s’opère discrètement. Nita Mexican, une retraitée de 77 ans, incarne cette évolution. Républicaine de longue date, elle constate que de plus en plus de jeunes Amérindiens, y compris dans son entourage, se tournent vers Donald Trump. Pour elle, comme pour d’autres habitants de cette région isolée, la priorité donnée à l’emploi local et la lutte contre l’immigration illégale justifient ce ralliement.
Les préoccupations économiques jouent un rôle central dans ce basculement. L’inflation, notamment sur le carburant, pèse lourdement sur les foyers navajos, où la voiture est indispensable. Certains pointent également du doigt les trafics de drogue et le chômage, attribués en partie à l’afflux de migrants. Pourtant, cette adhésion n’est pas sans contradictions. Mme Mexican reconnaît elle-même que les droits de douane imposés par l’administration Trump compliquent l’accès à certains produits de première nécessité.
Les résultats électoraux témoignent de cette tendance. Lors du dernier scrutin, le candidat républicain a réduit l’écart dans des comtés traditionnellement démocrates, comme celui d’Apache, et renforcé son avance dans d’autres, à l’image du comté de Navajo. Une dynamique observée dans plusieurs réserves à travers le pays, même si la majorité des voix amérindiennes sont restées acquises à la gauche.
Les divisions traversent cependant les familles. Gilberta Cortes, une mère au foyer de 42 ans, s’oppose régulièrement à son fils, qui a voté pour Trump. Elle dénonce les propos du président sur les origines amérindiennes de la sénatrice Elizabeth Warren, ainsi que son approche jugée répressive en matière d’immigration. Plusieurs Navajos ont en effet été interpellés ces derniers mois en raison de leur apparence physique, selon des responsables locaux.
Les craintes environnementales alimentent également les réticences. Le climatoscepticisme affiché par l’administration fédérale inquiète ceux qui subissent déjà les effets du réchauffement, comme les vagues de chaleur estivales de plus en plus intenses. Enfin, les récentes coupes dans les aides sociales, décidées par le gouvernement, pourraient fragiliser encore davantage des populations déjà précaires.
Si l’attrait pour le discours trumpiste se confirme chez une partie des Amérindiens, les conséquences de ces choix politiques restent incertaines. Entre espoir de relance économique et crainte d’un recul des droits sociaux, ces communautés naviguent désormais dans un paysage électoral en pleine mutation.





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