Économie
Starmer mise sur Pékin face aux critiques de Trump et de l’opposition

_**Le Premier ministre britannique a conclu une visite en Chine axée sur la reconstruction d’un dialogue stratégique, une approche qualifiée de « très dangereuse » par l’ancien président américain et vivement contestée dans son propre pays.**_
Keir Starmer a justifié son déplacement en Chine par la nécessité de rétablir un lien de confiance et de développer les échanges économiques entre les deux nations. Devant un auditoire d’entrepreneurs réuni à la Bank of China, le chef du gouvernement a salué la qualité des entretiens qu’il a eus avec le président Xi Jinping, y voyant une base solide pour instaurer un respect mutuel. Cette volonté de réengagement contraste avec la période de tensions qui a marqué les années précédentes, marquées par des différends sur Hong Kong et des accusations réciproques d’ingérence.
La position britannique a suscité une réaction immédiate de Donald Trump. L’ancien locataire de la Maison Blanche a estimé que cette initiative constituait une démarche risquée pour Londres, dans un contexte de rivalité stratégique accrue entre Washington et Pékin. Sur le plan concret, la visite n’a pas débouché sur une série d’annonces spectaculaires. Plusieurs accords de coopération ont été paraphés, couvrant des domaines tels que les services ou la gestion des flux migratoires. Les autorités chinoises ont par ailleurs concédé une exemption de visa pour les courts séjours des citoyens britanniques et abaissé certains tarifs douaniers, notamment sur le whisky.
Pour le dirigeant travailliste, l’enjeu dépassait la simple signature de contrats. Il s’agissait avant tout de poser les jalons d’une relation bilatérale apaisée et pragmatique, le Royaume-Uni cherchant à dynamiser son économie dans un environnement international complexe. Le géant pharmaceutique AstraZeneca a profité de ce contexte pour dévoiler un projet d’investissement substantiel en Chine. Un porte-parole de Downing Street a défendu cette orientation, la jugeant profitable à la fois pour les entreprises et pour les citoyens britanniques.
Cette politique de rapprochement ne fait pas l’unanimité au sein de la classe politique britannique. La cheffe de l’opposition conservatrice, Kemi Badenoch, a fustigé une attitude qu’elle estime trop conciliante envers un État accusé de pratiques commerciales déloyales, d’espionnage et de soutien à la Russie dans le conflit ukrainien. Des parlementaires de tous bords ont par ailleurs exprimé leur préoccupation quant au sort de Jimmy Lai, le magnat des médias hongkongais détenteur d’un passeport britannique et récemment condamné par la justice chinoise. Ils ont exhorté le Premier ministre à ne pas sacrifier les questions de droits humains sur l’autel de la realpolitik. Keir Starmer a assuré avoir abordé ce dossier, parmi d’autres sujets sensibles, lors de ses discussions avec son homologue chinois.

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