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Sophie Binet sous le coup d’une procédure judiciaire après avoir dénoncé des pratiques chez Tefal

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La secrétaire générale de la CGT a appris sa mise en examen pour diffamation, une affaire qui relance le débat sur la liberté d’expression syndicale.

La secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, a exprimé son mécontentement lundi sur France 2 après avoir été mise en examen pour des propos tenus sur ce qu’elle qualifie de « répression syndicale » au sein de l’entreprise Tefal. Cette procédure fait suite à une plainte déposée par la société, qui conteste fermement les accusations portées à son encontre.

L’affaire trouve son origine dans une déclaration de Sophie Binet lors d’un débat à la Fête de l’Humanité en septembre 2025, où elle avait affirmé que « la CGT de Tefal fait face à une répression patronale violente ». La CGT a précisé que cette mise en examen, quasi systématique dans les cas de plainte pour diffamation, a été notifiée à la dirigeante syndicale le 12 mars dernier.

Tefal a confirmé avoir engagé une action en justice, estimant que les propos tenus constituent « des accusations publiques graves et erronées » visant l’entreprise. La marque, détenue par le groupe SEB, réfute toute idée de répression syndicale et affirme que la liberté d’expression ne saurait autoriser l’imputation de faits inexacts.

Sophie Binet a également évoqué le contexte plus large de ce litige, soulignant que la CGT alerte depuis plusieurs mois sur les risques liés aux PFAS, des composés chimiques utilisés dans la fabrication des poêles de la marque. Une coordinatrice CGT du groupe SEB, également membre de la direction confédérale, a été sanctionnée en interne pour avoir demandé des éclaircissements sur ces substances. Cette sanction doit être contestée devant le conseil des prud’hommes le 4 juin prochain.

Pour la secrétaire générale de la CGT, cette procédure judiciaire vise à « bâillonner les syndicalistes qui s’expriment sur les conditions de travail ou l’impact environnemental des productions ». Elle a appelé les parlementaires et le gouvernement à adopter une loi protégeant la liberté d’expression et la liberté syndicale, qu’elle estime aujourd’hui menacées.

De son côté, Tefal insiste sur le fait que cette action ne remet pas en cause le droit de critique ou le débat public, mais qu’elle vise à défendre la réputation de l’entreprise face à des allégations jugées infondées. La CGT, quant à elle, considère que si les propos tenus par Sophie Binet sont jugés répréhensibles, la quasi-totalité des syndicalistes du pays pourraient être poursuivis.

Cette nouvelle mise en examen intervient après une précédente procédure engagée en décembre contre Sophie Binet pour « injure publique », à la suite de propos tenus en janvier où elle avait qualifié certains patrons de « rats qui quittent le navire », animés selon elle par « l’appât du gain ».

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