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Marseille : deux commissaires de l’Ofast en garde à vue pour une enquête sur une livraison de cocaïne controversée


Une affaire qui ébranle les services anti-drogue français, avec des soupçons de dérives lors d’une opération sous surveillance.
Deux hauts responsables de l’Office anti-stupéfiants (Ofast) de Marseille ont été placés en garde à vue ce lundi dans le cadre d’une enquête judiciaire portant sur une opération de surveillance de cocaïne ayant mal tourné début 2023. Les deux commissaires, en poste à la tête de l’antenne marseillaise, sont interrogés par l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) pour des soupçons de dysfonctionnements graves lors de cette affaire.
L’enquête, baptisée « Trident », avait initialement été ouverte après une dénonciation anonyme en février 2023 concernant un chargement de cocaïne en provenance de Colombie, destiné à la région parisienne. Confiée à l’Ofast, l’opération prévoyait le contrôle d’une livraison estimée entre 180 et 200 kg. Pourtant, près de 400 kg auraient finalement été introduits sur le territoire, suscitant des interrogations sur les possibles fuites au sein des forces de l’ordre.
Selon des éléments du dossier, certains acteurs de l’enquête auraient été surpris par la facilité avec laquelle la drogue s’est écoulée à Marseille, laissant supposer que l’opération avait été compromise. Après la clôture de l’enquête initiale en janvier 2024, l’IGPN a été saisie pour examiner d’éventuelles irrégularités. Des perquisitions ont ensuite été menées en avril dans les locaux de l’Ofast à Marseille.
La Juridiction nationale de lutte contre la criminalité organisée (Junalco) a repris l’affaire en septembre, élargissant les investigations à des soupçons de corruption, blanchiment et association de malfaiteurs. Les enquêteurs ont notamment découvert des échanges suspects entre policiers et des tiers, évoquant la dissimulation d’une partie de la cargaison.
Déjà, plusieurs personnes ont été mises en examen dans cette affaire, dont deux indicateurs et trois policiers de l’Ofast. L’un d’eux a été incarcéré, tandis qu’un capitaine de 45 ans a été poursuivi en juin. Ce scandale rappelle d’autres affaires récentes impliquant des hauts gradés accusés de dérives dans la gestion des indicateurs, comme l’ancien patron de l’Ocrtis, François Thierry, ou l’ex-numéro deux de la PJ lyonnaise, Michel Neyret.
Le parquet de Paris et la Junalco n’ont pas souhaité s’exprimer sur cette affaire en cours, qui continue de secouer les services spécialisés dans la lutte contre le trafic de stupéfiants.





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