Politique
Sarkozy radié de la Légion d’honneur : une sanction historique pour l’ancien président

L’ex-chef de l’État perd ses décorations après sa condamnation définitive dans l’affaire des écoutes, un cas rarissime dans l’histoire républicaine.
Nicolas Sarkozy a officiellement été exclu de l’ordre de la Légion d’honneur et de l’ordre national du Mérite, suite à sa condamnation à un an de prison ferme pour corruption dans l’affaire des écoutes. Cette décision, publiée au Journal officiel, marque un tournant judiciaire sans précédent pour un ancien président de la Ve République. Seul le maréchal Pétain avait subi un tel revers en 1945 pour collaboration avec l’ennemi.
L’ancien locataire de l’Élysée (2007-2012) avait été reconnu coupable d’avoir tenté d’obtenir des informations confidentielles auprès d’un magistrat en 2014, avec la complicité de son avocat. La justice avait confirmé en décembre dernier la peine d’un an d’emprisonnement sans sursis, déclenchant automatiquement la procédure de radiation. Le Grand Chancelier de la Légion d’honneur a signé l’arrêté, appliquant strictement le règlement qui prévoit cette mesure pour toute condamnation définitive à une peine égale ou supérieure à un an ferme.
L’entourage de l’ancien président a réagi avec retenue, soulignant qu’un recours était encore en cours devant la Cour européenne des droits de l’homme. Certains responsables politiques de droite ont vivement critiqué la décision, jugeant les comparaisons avec le cas Pétain « indignes ». À l’inverse, la gauche a salué une application nécessaire de l’égalité devant la loi.
Emmanuel Macron avait pour sa part exprimé des réserves en avril sur cette sanction, bien que l’exécutif n’ait aucun pouvoir d’intervention dans ce processus automatique. L’affaire des écoutes n’est pas la seule procédure judiciaire concernant Nicolas Sarkozy : l’ancien président attend également le verdict dans le dossier du financement libyen de sa campagne de 2007, attendu pour septembre.

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