Culture
Sandra Hüller incarne une révolte du XVIIe siècle à la Berlinale

L’actrice allemande, tête d’affiche du film « Rose », porte à l’écran le parcours d’une femme qui défie les conventions de son époque en adoptant une identité masculine, dans une œuvre présentée comme un plaidoyer contemporain pour les libertés individuelles.
Le long-métrage « Rose », en lice pour l’Ours d’or, a été dévoilé ce dimanche au festival international du film de Berlin. Sandra Hüller y interprète le rôle principal, celui d’une ancienne combattante de la guerre de Trente Ans qui cherche à trouver la paix dans une ferme reculée. Pour y parvenir et échapper à l’ordre social rigide du XVIIe siècle, le personnage dissimule son sexe et se présente comme un homme, gagnant ainsi sa place au sein d’une communauté rurale par son labeur.
L’actrice, révélée au grand public par ses récents rôles primés, a souligné lors d’une rencontre avec la presse que ce travestissement était avant tout une stratégie de survie et d’émancipation. Elle a établi un parallèle entre le récit historique et certaines réalités actuelles, évoquant un recul des droits et de l’acceptation pour de nombreuses personnes. Le tournage s’est déroulé dans un contexte politique marqué, aux États-Unis notamment, par des discours hostiles aux personnes transgenres, une actualité qui a résonné avec le sujet du film.
Le réalisateur Markus Schleinzer a pour sa part inscrit son projet dans la tradition du cinéma queer, que la Berlinale célèbre cette année à travers le quarantième anniversaire de ses prix dédiés. Il a expliqué que son approche, délibérément sombre et dépourvue d’optimisme facile, visait à provoquer une prise de conscience chez le spectateur. Le film explore avec gravité les conséquences subies par ceux qui contestaient les normes établies en matière de genre.
Au-delà du récit historique, l’œuvre entend susciter une réflexion sur la persistance des inégalités, qu’elles soient sociales ou économiques. Elle questionne la manière dont les identités, quelles qu’elles soient, continuent de structurer et parfois de limiter les existences. Présenté dans la section officielle, « Rose » confirme l’engagement du festival berlinois en faveur de cinéastes explorant ces thématiques.

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