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Ousmane Sonko, démis de ses fonctions de Premier ministre, accède à la présidence de l’Assemblée nationale sénégalaise

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À peine quatre jours après son limogeage par le chef de l’État, l’ancien locataire de la Primature prend les rênes du Palais législatif, un poste qui pourrait lui offrir une tribune pour contester l’exécutif.

Les remous politiques qui agitaient Dakar depuis plusieurs mois ont connu un nouveau rebondissement vendredi soir, lorsque le président Bassirou Diomaye Faye a mis fin aux fonctions de son Premier ministre. Leader incontesté du Pastef, formation qui dispose d’une écrasante majorité à l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko a été élu sans difficulté à la présidence de l’institution mardi matin.

La question centrale est désormais de savoir si le Parlement collaborera avec le président Faye pour adopter les réformes nécessaires à un pays confronté à de sérieuses difficultés économiques. Le nouveau président de l’Assemblée a reçu une longue ovation des députés de son parti, qui occupent 130 des 165 sièges de l’hémicycle. Il succède à El Malick Ndiaye, qui a démissionné dimanche pour lui laisser la place.

« Je n’utiliserai pas cette responsabilité pour organiser le chaos institutionnel. Aucun député avec moi n’utilisera cette institution pour une vendetta personnelle », a déclaré M. Sonko en wolof après son installation. Il a toutefois précisé que l’Assemblée nationale ne serait pas une simple chambre d’enregistrement et qu’elle userait de manière responsable de tous les leviers de contre-pouvoirs, votant les lois conformes à l’intérêt général et rejetant les autres.

L’ancien chef du gouvernement a salué les qualités de son successeur, Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô, nommé lundi par le président Faye avec pour mission de former un gouvernement dans les plus brefs délais. Cette nomination est perçue comme un signal adressé aux bailleurs de fonds et aux investisseurs, alors que le pays ouest-africain fait face à des difficultés financières avec une dette atteignant 132% du PIB.

Depuis leur arrivée au pouvoir en 2024, les nouvelles autorités avaient accusé le régime de l’ex-président Macky Sall d’avoir dissimulé une partie de la dette, ce qui avait entraîné la suspension du programme d’aide du FMI de 1,8 milliard de dollars. La gestion de cette dette a été l’un des principaux points de désaccord entre le chef de l’État et son ancien Premier ministre. Tandis que le premier souhaite négocier un nouveau programme avec le Fonds monétaire international, le second prône une approche souverainiste.

M. Sonko a reconnu des qualités à son successeur malgré leurs divergences sur le franc CFA et la gestion de la dette. Il a également estimé que dans toutes les démocraties, l’exécutif ne peut nommer un gouvernement sans se concerter avec la majorité parlementaire, ajoutant que le président aurait dû discuter de la nomination du Premier ministre avec la majorité au pouvoir et l’opposition.

L’élection de M. Sonko au perchoir a été boycottée par les députés de la principale coalition d’opposition, qui y voient un coup d’État institutionnel. Un député d’opposition a déclaré que la majorité parlementaire avait installé quelqu’un qui avait déjà perdu son mandat de député et ne pouvait le retrouver, refusant de s’associer à cette mascarade.

Empêché de se présenter à la présidentielle en raison d’une condamnation pour diffamation, M. Sonko avait désigné son bras droit, M. Faye, pour le remplacer dans la course. Des divergences sont toutefois apparues entre eux. Les tensions ont commencé à émerger en juillet 2025 lorsque le bouillonnant Premier ministre s’en était vivement pris au président Faye, fustigeant un problème d’autorité dans le pays. Début mai, le président avait critiqué la personnalisation excessive de son Premier ministre au sein du parti au pouvoir. Quelques heures avant son limogeage, le Premier ministre avait critiqué M. Faye lors d’une intervention à l’Assemblée nationale à propos du contrôle et de la transparence des fonds politiques. Par ailleurs, M. Sonko critiquait régulièrement la lenteur des poursuites contre d’anciens responsables sous l’ex-président Sall, qu’il accuse de corruption.

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