Planète
Nouvelle perturbation autochtone à la COP30 amazonienne

Le sommet climatique de Belém connaît un nouvel épisode de tensions. Des représentants du peuple munduruku ont bloqué l’accès principal du site, contraignant les organisateurs à un dialogue immédiat.
Pour la deuxième fois cette semaine, le déroulement de la conférence climatique des Nations Unies en Amazonie brésilienne a été interrompu par l’action directe de communautés autochtones. Vendredi matin, plusieurs dizaines de membres du peuple munduruku ont occupé pacifiquement l’entrée principale de la zone bleue, espace diplomatique central des négociations. Cette manifestation a entraîné la fermeture temporaire de cet accès et perturbé le programme des milliers de délégués présents.
Les manifestants, incluant hommes, femmes et enfants vêtus d’ornements traditionnels, réclamaient une audience avec le président brésilien. Ils dénoncent notamment des projets d’infrastructure en Amazonie, dont la construction d’une ligne ferroviaire de mille kilomètres traversant leur territoire, et exigent l’accélération des processus de démarcation de leurs terres. « Lutter pour notre territoire c’est lutter pour notre vie », pouvait-on lire sur une banderole.
Face à cette situation, le président de la COP30 a d’annuler ses engagements pour se rendre sur place. Le diplomate brésilien a longuement écouté les doléances des protestataires, allant jusqu’à porter un enfant durant les échanges. Cette médiation directe a permis d’ouvrir des discussions avec deux ministres brésiliennes dans un bâtiment adjacent, conduisant finalement à la levée du blocage après près de deux heures.
Cet incident survient dans un contexte de tensions persistantes autour de la sécurité du sommet, après une intrusion similaire mardi dernier ayant provoqué des remous diplomatiques. Les autorités brésiliennes ont depuis renforcé le dispositif de protection, avec une présence militaire et policière visiblement accrue autour du site.
Si le gouvernement actuel se présente comme un défenseur des droits autochtones, avec la création d’un ministère dédié et la reconnaissance de seize territoires ancestraux, les communautés déplorent la lenteur des démarches administratives et s’opposent fermement à certains projets de développement économique en Amazonie. Cette nouvelle action collective illustre la détermination des peuples premiers à faire entendre leurs préoccupations environnementales et territoriales au plus haut niveau des discussions climatiques internationales.

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