Monde
Netanyahu face à la tempête politique sur l’avenir de Gaza

Le Premier ministre israélien doit concilier pressions internes et condamnations internationales, tandis que son plan militaire divise jusqu’au sein de son gouvernement.
Le gouvernement israélien examine ce dimanche les conséquences d’une décision lourde de sens. Après des mois de conflit, le cabinet de sécurité a validé un plan prévoyant le contrôle militaire de la ville de Gaza, tout en maintenant un corridor humanitaire. Cette orientation stratégique, présentée comme une étape vers une résolution du conflit, soulève pourtant des vagues de protestations tant en Israël qu’à l’étranger.
En première ligne, les familles des otages encore détenus par le Hamas dénoncent une manœuvre qui mettrait en péril la vie de leurs proches. Le mouvement islamiste a d’ores et déjà averti qu’une offensive accélérerait leur « sacrifice ». La mobilisation citoyenne, visible samedi soir dans les rues de Tel-Aviv, traduit une angoisse grandissante. Des dizaines de milliers de manifestants réclament un accord immédiat pour un retour des captifs, quitte à suspendre les opérations militaires.
Au sein même de la coalition au pouvoir, les dissensions éclatent au grand jour. Les ministres d’extrême droite, Bezalel Smotrich et Itamar Ben-Gvir, fustigent une approche qu’ils jugent trop timorée. Ce dernier exige une reprise totale de Gaza, assortie d’un transfert de population et d’une colonisation – des propositions rejetées par une partie de la classe politique. L’opposition, emmenée par Yair Lapid, qualifie quant à elle le plan de « catastrophe », pointant son coût humain et stratégique.
Sur le terrain, les experts militaires estiment que l’opération, si elle est lancée, ne débuterait pas avant octobre, le temps d’évacuer les civils et de préparer les troupes. Certains analystes y voient une marge de manœuvre laissée à d’éventuelles négociations, tandis que d’autres soulignent l’impasse diplomatique actuelle.
La communauté internationale, à l’exception notable des États-Unis, a exprimé son inquiétude. Le Conseil de sécurité de l’ONU se réunit en urgence ce dimanche pour évoquer la situation humanitaire critique à Gaza, où près de deux millions de personnes sont menacées par la famine. Les chiffres des victimes, toujours plus lourds, rappellent l’urgence d’une issue. Depuis le 7 octobre 2023, le conflit a fait des milliers de morts, majoritairement des civils palestiniens selon les sources locales, tandis qu’Israël pleure les siens après l’attaque sans précédent du Hamas.
Dans ce contexte explosif, chaque décision semble creuser un peu plus les fractures, tant sur le plan national qu’international. La voie choisie par Netanyahu, entre réalpolitik et fermeté, pourrait bien déterminer l’avenir de toute la région.

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