Culture
Michel Bassompierre, l’artiste qui donne vie au bronze pour célébrer la faune sauvage


À 77 ans, ce sculpteur français capte l’essence des animaux dans des œuvres monumentales, exposées jusqu’à New York, pour sensibiliser le public à leur fragilité.
Dans son atelier lumineux près de Nantes, Michel Bassompierre façonne depuis des décennies des créatures sauvages en bronze et en marbre. Des ours joueurs, un gorille imposant ou un éléphant naissant peuplent l’espace, témoins de sa fascination intacte pour le monde animal. Loin de se contenter de reproduire des images, il étudie méticuleusement l’anatomie et le comportement des bêtes pour restituer leur mouvement et leur âme.
Après Bruxelles, Monaco et Paris, ses sculptures monumentales, qu’il nomme ses « fragiles colosses », investissent depuis mai les trottoirs de Park Avenue à New York. Ces œuvres, hautes de plusieurs mètres, dialoguent avec l’urbanité tout en rappelant la présence menacée de la faune sauvage. « Le frère animal m’a toujours attiré, confie-t-il. Peut-être parce que je suis moi-même une bête sauvage sans le savoir. »
Chaque exposition s’accompagne de rencontres avec des scientifiques et des défenseurs de l’environnement, une démarche qui séduit Sabrina Krief, professeure au Muséum national d’histoire naturelle. Selon elle, l’art de Bassompierre éveille les consciences bien au-delà des cercles habituels. « Son travail crée une émotion immédiate, capable de toucher ceux que les discours scientifiques ne parviennent pas à atteindre », souligne-t-elle.
Fils d’une artiste et d’un géologue, Bassompierre a grandi entre les galeries du Muséum et les allées du zoo de Vincennes. Adolescent, il explorait les forêts normandes de nuit, nourrissant une passion précoce pour l’invisible et le sauvage. Aujourd’hui, ses créations naissent d’un processus rigoureux : croquis, maquettes d’argile, puis moulages en plâtre avant la fonte finale. « Quatre voix guident mon travail : l’animalier, l’anatomiste, le dessinateur et le sculpteur », explique-t-il.
François Cluzet, admirateur de longue date, décrit ses œuvres comme habitées d’une présence presque vivante. « Dans leurs yeux, on lit toute l’humanité de l’artiste », affirme l’acteur. Pour Bassompierre, cette maîtrise est le fruit d’une vie d’observation. « Je progresserai tant que mes yeux, ma tête et mes mains me le permettront », promet-il, déterminé à continuer son dialogue silencieux avec le monde animal.





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