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Manuel Valls se rend en Nouvelle-Calédonie pour relancer un accord menacé


Le ministre des Outre-mer tente une ultime médiation après le rejet prévisible du FLNKS, alors que l’archipel reste fragilisé par des mois de tensions.
Manuel Valls a annoncé dimanche un déplacement en Nouvelle-Calédonie au cours de la troisième semaine d’août, dans un contexte de crispation politique. Cette initiative intervient alors que le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) s’apprête à officialiser mardi son refus de l’accord conclu en juillet entre l’État, les loyalistes et une partie des indépendantistes.
Les déclarations publiques de Christian Tein, président du FLNKS, laissent peu de place au doute. Lors du congrès extraordinaire du mouvement samedi, il a appelé à rejeter « clairement et sans ambiguïté » le texte issu des négociations de Bougival. Une position qui contraste avec l’engagement initial des signataires, dont certains représentants indépendantistes modérés.
Le ministre des Outre-mer refuse pourtant de considérer la situation comme irrémédiable. « L’accord de Bougival n’est pas tombé du ciel, c’est un compromis historique », a-t-il rappelé sur les réseaux sociaux, soulignant les mois de discussions ayant conduit à sa signature. Il propose désormais la mise en place d’un comité de rédaction pour préciser certains points, notamment sur la place du peuple kanak dans l’avenir institutionnel du territoire.
La tâche s’annonce complexe. Les critiques portent principalement sur les questions d’autodétermination et de reconnaissance identitaire, suscitant des divisions au sein même du camp indépendantiste. Si l’Union calédonienne et une frange radicale rejettent catégoriquement le texte, d’anciens membres du FLNKS, comme le Palika ou l’UPM, continuent de le soutenir, tout comme les non-indépendantistes.
Christian Tein a néanmoins laissé entrevoir une possible poursuite des discussions, mais uniquement sur les conditions d’accès à la souveraineté, et en bilatéral avec l’État. Une approche jugée insuffisante par Manuel Valls, qui met en garde contre les risques d’enlisement. « Sans compromis, pas de reconstruction durable », a-t-il insisté, évoquant les conséquences économiques et sociales d’un statu quo.
L’archipel paie en effet un lourd tribut aux violences de 2024, avec une contraction estimée à 15 % de son PIB et des milliers d’emplois perdus. Dans ce contexte, la visite du ministre vise autant à relancer le dialogue qu’à éviter une nouvelle détérioration de la situation. Reste à savoir si les positions pourront se rapprocher avant la date butoir du 24 septembre, fixée par le FLNKS pour toute négociation.





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