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Magnanville : le procès en appel d’un complice présumé de l’attentat contre un couple de policiers s’ouvre


Neuf ans après les faits, la justice doit trancher sur la culpabilité de Mohamed Lamine Aberouz, condamné en première instance à la perpétuité pour complicité dans ce crime terroriste.
L’audience en appel de Mohamed Lamine Aberouz, reconnu coupable en 2023 d’avoir participé à l’assassinat d’un couple de policiers à Magnanville en 2016, débute ce lundi devant la cour d’assises spéciale de Paris. Condamné à la réclusion criminelle à perpétuité avec une période de sûreté de 22 ans, l’accusé maintient son innocence, affirmant n’avoir aucun lien avec les actes commis par Larossi Abballa, l’auteur des meurtres revendiqués au nom de l’État islamique.
Les faits remontent au 13 juin 2016, lorsque Jean-Baptiste Salvaing, commandant de police, et sa compagne Jessica Schneider, fonctionnaire, ont été sauvagement assassinés à leur domicile, sous les yeux de leur fils âgé de trois ans. Le premier a été poignardé à neuf reprises, tandis que la seconde a été égorgée. Leur enfant, miraculeusement épargné, avait évoqué la présence de deux individus, qualifiant l’un de « méchant » et l’autre de « gentil ».
Lors du premier procès, l’accusation s’est appuyée sur une trace ADN de Mohamed Lamine Aberouz retrouvée sur l’ordinateur des victimes, un élément jugé déterminant par l’avocat des proches de Jessica Schneider. La défense, elle, a contesté cette preuve, avançant une possible contamination via la voiture d’Abballa, où des traces génétiques de l’accusé avaient également été identifiées.
Les avocats de Mohamed Lamine Aberouz dénoncent une condamnation fondée sur des « doutes » plutôt que sur des preuves tangibles, mettant en garde contre un risque d’erreur judiciaire. À l’inverse, la partie civile estime que le verdict initial était pleinement justifié, qualifiant l’accusé de « l’un des islamistes les plus dangereux » en France.
L’affaire reste marquée par l’ombre de Larossi Abballa, tué lors de l’assaut du RAID, et par les liens troubles entre l’accusé et son frère aîné, Charaf-Din Aberouz, ancien condamné pour terrorisme. Ce dernier, présent lors du premier procès, fait aujourd’hui l’objet d’une enquête pour menaces contre un avocat de la famille Schneider.
Le procès, qui s’achèvera le 20 juin, représente l’ultime étape judiciaire pour déterminer si Mohamed Lamine Aberouz a bel et bien joué un rôle dans ce drame. La décision de la cour d’appel sera scrutée tant par les proches des victimes que par les défenseurs des droits, dans un dossier où l’émotion reste vive près d’une décennie après les faits.





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