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Macron rejette toute labellisation étatique des médias face aux accusations d’autoritarisme


Le chef de l’État a fermement démenti vouloir instaurer un dispositif officiel de certification de la presse, une idée dénoncée par une partie de l’opposition et certains groupes médiatiques comme une entrave aux libertés.
Emmanuel Macron a clairement écarté, ce mardi en Conseil des ministres, tout projet de création d’un label gouvernemental destiné à la presse. Le président de la République a également réfuté l’idée, avancée par ses détracteurs, d’une quelconque institution ressemblant à un « ministère de la Vérité ». Ces démentis font suite à une série de critiques l’accusant de dérive autoritaire, voire totalitaire, dans le cadre de ses initiatives annoncées pour lutter contre la désinformation en ligne.
Ces accusations ont pris de l’ampleur ce week-end après la publication d’un article dans un hebdomadaire appartenant au groupe Bolloré, dénonçant une « tentation totalitaire ». Le point de départ de la controverse est une mention, par le chef de l’État il y a deux semaines à Arras, d’une possible labellisation pour distinguer les plateformes respectant des règles déontologiques. Cette suggestion a immédiatement été interprétée par certains comme une volonté de contrôle étatique sur l’information.
Les critiques se sont ensuite propagées sur plusieurs chaînes et stations de radio, avant d’être reprises par les principales figures de l’opposition. Le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, a dénoncé sur CNews une « tentation autoritaire », tandis que le sénateur Les Républicains Bruno Retailleau a lancé une pétition contre ce qu’il a qualifié de « projet de labellisation des médias ». La présidence a réagi lundi soir sur les réseaux sociaux, regrettant que le débat sur la désinformation génère à son tour de la désinformation.
Un proche de l’exécutif a exprimé son amertume face à ces attaques, soulignant que les propos du président étaient déformés. Cette réaction de l’Élysée a cependant alimenté une nouvelle vague de commentaires critiques, la présidente du RN Marine Le Pen parlant même d’une « vidéo indigne » de la part de l’institution.
Pour mettre un terme à la polémique, Emmanuel Macron a tenu à clarifier sa position. Il a rappelé que l’idée d’un label émanait initialement des États généraux de l’information, qui recommandaient aux professionnels du secteur de s’engager dans une démarche volontaire pour renforcer la confiance du public. Il a précisé que ce n’était pas au gouvernement de définir ce qui constitue une information, citant en exemple l’initiative de labellisation déjà portée par Reporters sans frontières.
Le débat s’inscrit dans un contexte plus large de confrontation autour de la notion de liberté d’expression, un thème régulièrement mis en avant par certains médias et une partie de la droite. Le président, de son côté, défend depuis plusieurs semaines la nécessité d’une régulation des réseaux sociaux et de leurs algorithmes, qu’il présente non comme une atteinte aux libertés, mais comme un cadre nécessaire face à ce qu’il décrit comme une loi du plus fort numérique.





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