Monde
L’OMS active son plus haut niveau d’alerte face à une résurgence d’Ebola en RDC


L’organisation sanitaire mondiale a déclenché une urgence de santé publique de portée internationale après la propagation d’une souche du virus pour laquelle aucun vaccin n’existe encore.
L’Organisation mondiale de la Santé a relevé dimanche son niveau d’alerte au deuxième échelon le plus élevé face à l’épidémie d’Ebola qui sévit en République démocratique du Congo. Dans un message publié sur le réseau social X, le directeur général de l’institution, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a estimé que le virus représentait une menace sanitaire mondiale sans toutefois répondre aux critères d’une pandémie.
La souche Bundibugyo, à l’origine de cette flambée, est particulièrement préoccupante car aucun traitement spécifique ni vaccin n’existe à ce jour pour la combattre. Cette variante provoque une fièvre hémorragique très contagieuse avec un taux de létalité pouvant atteindre 50%, selon les autorités sanitaires congolaises.
La province de l’Ituri, située dans le nord-est du pays, constitue l’épicentre de l’épidémie. Les derniers bilans de l’OMS font état de huit cas confirmés en laboratoire, 246 cas suspects et 80 décès suspects dans cette région minière frontalière de l’Ouganda et du Soudan du Sud. Un cas confirmé a également été recensé à Kinshasa, tandis qu’un décès a été signalé à Kampala, en Ouganda, chez un voyageur de retour d’Ituri.
L’agence sanitaire de l’Union africaine, Africa CDC, a pour sa part dénombré 88 décès probablement liés au virus sur un total de 336 cas suspects. La difficulté d’accès à la zone touchée complique la collecte d’échantillons et l’analyse en laboratoire, les bilans reposant en grande partie sur des cas de suspicion.
Les mouvements de population liés à l’activité minière dans cette région aurifère, couplés à des violences armées dans certains secteurs, rendent la riposte sanitaire particulièrement complexe. Un représentant de la société civile de la ville de Rwampara a témoigné de l’absence d’infrastructures pour isoler les malades, ces derniers décédant souvent à domicile où leurs corps sont manipulés par leurs proches.
Le premier cas suspect est un infirmier qui s’est présenté le 24 avril dans un établissement de santé de Bunia, la capitale provinciale, avec des symptômes évocateurs d’une infection à Ebola. Depuis l’identification de la maladie en 1976 au Zaïre, ancien nom de la RDC, le pays a connu 17 épidémies, dont la plus meurtrière entre 2018 et 2020 avait fait près de 2 300 morts.
La transmission du virus s’effectue par contact avec les fluides corporels ou le sang d’une personne infectée, vivante ou décédée. Les personnes contaminées ne deviennent contagieuses qu’après l’apparition des symptômes, la période d’incubation pouvant s’étendre jusqu’à 21 jours.





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