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Les racines chrétiennes de l’Amérique célébrées en grande pompe par l’administration Trump et les religieux conservateurs

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Un événement inédit de neuf heures de prière sur le National Mall à Washington réunit dimanche des membres éminents de l’administration Trump et des figures religieuses conservatrices, dans une démonstration de la place grandissante du nationalisme chrétien au sein du pouvoir exécutif.

Des pasteurs protestants, des évangéliques et des responsables politiques se succèdent sur la pelouse du National Mall, à quelques pas de la Maison Blanche et du Congrès, pour un marathon de prière destiné à honorer les fondements chrétiens des États-Unis. La télévangéliste Paula White, qui dirige le Bureau de la foi de la Maison Blanche et conseille spirituellement Donald Trump, a expliqué lors d’un webinaire que cette journée visait à célébrer l’histoire et les fondations de la nation, construite selon elle sur les valeurs chrétiennes et la Bible. Elle a affirmé qu’il s’agissait de consacrer à nouveau le pays à Dieu.

Ce courant bénéficie d’une plateforme considérable depuis le retour de Donald Trump au pouvoir. Les discours du ministre de la Défense Pete Hegseth, lui-même membre d’une église évangélique ultraconservatrice, sur la guerre en Iran, ainsi que les événements religieux organisés au sein même de la Maison Blanche en témoignent. Toutefois, cette vision est vivement critiquée par ceux qui contestent l’idée que les États-Unis aient été fondés comme une nation chrétienne.

Sam Perry, professeur à l’université Baylor au Texas, estime que l’administration Trump promeut une identité américaine ancrée dans le christianisme blanc ou dans des racines européennes. Julie Ingersoll, professeure d’études religieuses à l’université de Floride du Nord, rappelle que ni la Déclaration d’indépendance ni la Constitution ne mentionnent la religion, Dieu ou Jésus. Les seules références religieuses se trouvent dans le Premier amendement, qui garantit la liberté de culte, et dans l’article VI, qui interdit d’exiger une profession de foi religieuse pour accéder à la fonction publique.

Une vingtaine de membres du clergé conservateur, le ministre de la Défense Pete Hegseth et le président de la Chambre des représentants Mike Johnson sont attendus à cet événement inédit de neuf heures. Donald Trump et le secrétaire d’État Marco Rubio doivent s’adresser à la foule par messages vidéo. Parmi les invités figurent Robert Jeffress, pasteur baptiste du Texas et proche du président, le cardinal Timothy Dolan, ex-archevêque de New York connu pour ses positions anti-immigration et anti-LGBT, et Samuel Rodriguez, pasteur évangélique ayant lu une prière lors de la première investiture de Donald Trump en 2017. Tous sont chrétiens, à l’exception du rabbin orthodoxe Meir Soloveichik.

Le choix du 17 mai n’est pas anodin. Cette date correspond à une journée désignée en 1776 comme jour de jeûne et de prière en faveur de la cause révolutionnaire contre les Britanniques, moins de deux mois avant la proclamation de l’indépendance américaine le 4 juillet. Sam Perry souligne que s’il n’est pas rare de voir des pasteurs évangéliques associer christianisme et nationalisme, il est très inhabituel que des membres de l’administration en place participent à un tel rassemblement.

Julie Ingersoll estime que cet événement envoie le message que le christianisme est l’apanage des Américains traditionnels, reléguant les autres religions ou les athées à une position marginale. Sam Perry conclut qu’il s’agit moins d’une renaissance religieuse que de la promotion d’un mouvement politique utilisant la foi pour justifier certaines positions, notamment anti-immigration.

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