Faits Divers
L’ombre de la domination au cœur du procès d’un artisan du Lido


_**Le procès de Jean-Claude de Roo, ancien plumassier du cabaret parisien, s’est ouvert sur des témoignages décrivant une emprise établie sur de jeunes adolescents. L’accusé, jugé pour viols et agressions sexuelles sur mineurs, conteste fermement ces accusations.**_
Devant la cour criminelle de Paris, un homme de trente-trois ans, prénommé Baptiste, a décrit une relation qu’il qualifie de destructrice, débutée alors qu’il était âgé de quatorze ans. Il a évoqué devant les magistrats une stratégie d’isolement progressive mise en place par l’accusé, Jean-Claude de Roo. Ce dernier, âgé de soixante-dix-sept ans, est jugé pour des faits de viols, d’agressions sexuelles et de corruption de mineur, survenus entre 2007 et 2010.
Le témoin a raconté comment, adolescent en difficulté familiale et scolaire à Nice, il avait été présenté à l’artisan, réputé dans le milieu du spectacle. Séduit par les promesses et les relations de ce dernier, le jeune homme dit s’être rapidement retrouvé sous son influence. Le premier acte incriminé remonterait à une séance photographique, au cours de laquelle des attouchements puis une fellation auraient été imposés au garçon, alors âgé de quatorze ans. Le témoin a déclaré avoir vécu ces moments dans un état de dissociation, sans pouvoir en parler à quiconque.
L’emprise se serait ensuite renforcée, conduisant le jeune Baptiste à s’installer au domicile parisien de Jean-Claude de Roo, officiellement pour poursuivre ses études. Il a décrit une cohabitation marquée par un chantage affectif constant et des viols répétés, l’accusé utilisant sa vulnérabilité et menaçant de se suicider en cas d’éloignement. Baptiste a insisté sur le fait qu’il voyait en l’homme un tuteur, une figure paternelle, et non un partenaire amoureux.
À la barre, l’ancien plumassier, qui a œuvré pour les costumes du Lido, maintient une version radicalement différente. Il affirme avoir entretenu une relation consentie avec Baptiste, initiée par ce dernier à la majorité sexuelle, et avoir mal vécu leur séparation en 2016. Son interrogatoire principal est attendu en fin de procès.
Les débats ont également porté sur le cas d’une seconde personne, Louison, qui affirme avoir subi des attouchements en 2016, alors qu’il était apprenti plumassier et âgé de seize ans. L’accusé a rejeté ces allégations, évoquant une possible machination de concurrents. Un autre témoin, présenté comme son « fils » bien qu’il n’ait pas d’enfant, est venu déclarer avoir lui aussi été victime de rapports sexuels non consentis pendant son adolescence, sans qu’aucune plainte n’ait été déposée. L’audience se poursuit pour examiner l’ensemble de ces éléments contradictoires.





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