Économie
L’Iran face à la rue et aux menaces américaines

_**Alors que les manifestations se poursuivent malgré une répression meurtrière, la Maison Blanche brandit l’arme des sanctions commerciales contre les partenaires de Téhéran, accentuant les tensions internationales.**_
La contestation populaire en Iran entre dans une phase critique, marquée par une répression d’une sévérité croissante et des menaces économiques directes de la part des États-Unis. Le président américain a annoncé l’imposition de droits de douane de vingt-cinq pour cent à l’encontre de tout État poursuivant des échanges commerciaux avec la République islamique. Cette mesure, présentée comme immédiate et définitive, vise en premier lieu Pékin, principal allié économique de Téhéran.
En réaction à la pression de la rue et aux condamnations internationales, les autorités iraniennes ont orchestré lundi d’importants rassemblements de soutien au pouvoir. À Téhéran, des milliers de personnes se sont rassemblées sur la place de la Révolution, brandissant des drapeaux nationaux et scandant des slogans hostiles à Washington. Le guide suprême a qualifié cette mobilisation d’avertissement adressé aux États-Unis, tandis que le président du Parlement a affirmé que le pays menait une guerre contre des éléments qualifiés de terroristes.
Dans le même temps, les organisations de défense des droits de l’homme font état d’un bilan humain de plus en plus lourd. Une ONG rapporte désormais plus de six cents morts parmi les manifestants et près de dix mille arrestations, tout en évoquant des estimations non confirmées bien plus élevées. La coupure généralisée des communications internet, en vigueur depuis plusieurs jours, rend toute vérification indépendante extrêmement difficile et isole davantage le pays.
La communauté internationale a multiplié les condamnations. Paris a dénoncé une violence d’État aveugle, Londres une répression qualifiée d’horrible, et l’Union européenne évoque de nouvelles sanctions. En réponse, Téhéran a convoqué les représentants diplomatiques de plusieurs capitales européennes pour protester contre ce qu’elle considère comme une ingérence dans ses affaires intérieures.
Malgré les déclarations du chef de la diplomatie iranienne assurant que son pays ne cherchait pas le conflit mais y était préparé, l’option militaire américaine demeure officiellement sur la table. Des discussions discrètes se poursuivraient néanmoins entre les deux camps par des canaux informels. Cette crise intervient dans un contexte régional déjà tendu, marqué par des frappes antérieures contre le programme nucléaire iranien et des sanctions internationales réactivées. La détermination des manifestants, qui défient ouvertement le pouvoir sur des griefs économiques et politiques, rappelle l’ampleur du mouvement de 2022, tout en s’inscrivant dans une escalade inédite des tensions.

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