Planète
L’Irak stabilise ses déserts pour contenir les vents de sable


Face à l’aggravation des épisodes de poussière, les autorités irakiennes déploient une technique ancestrale de fixation des dunes, combinée à des plantations résilientes, pour protéger populations et infrastructures.
Dans les étendues arides du sud de l’Irak, une opération d’envergure mobilise engins de chantier et équipes d’ouvriers. Leur mission consiste à étendre une couche d’argile humide, épaisse de plusieurs centimètres, sur les dunes mouvantes. Cette méthode vise à solidifier la surface du désert et à empêcher le soulèvement de particules fines lors des vents violents. Les tempêtes de sable, phénomène historique dans la région, connaissent une recrudescence inquiétante, attribuée aux effets combinés du changement climatique, de sécheresses prolongées et d’une pression accrue sur les écosystèmes.
Lorsqu’elles surviennent, ces tempêtes plongent villes et villages dans une brume ocre, perturbent gravement les transports, notamment aériens, et provoquent un afflux de patients souffrant de troubles respiratoires dans les structures médicales. Les projections officielles anticipent une intensification de ces épisodes dans les décennies à venir, avec près de trois cents jours d’activité éolienne chargée de poussière par an à l’horizon 2050 en l’absence de mesures correctives.
Le chantier en cours, situé entre Nassiriyah et Samawa, à proximité de sites sumériens, s’inscrit dans un programme plus vaste associant autorités nationales et partenaires internationaux. Au-delà de l’épandage d’argile, le projet inclut la plantation d’espèces végétales adaptées à la chaleur et à la sécheresse, telles que le prosopis ou le conocarpus. L’objectif immédiat est de sécuriser les axes routiers majeurs, souvent le théâtre d’accidents lors des brusques réductions de visibilité. À plus long terme, l’initiative cherche à étendre les surfaces stabilisées et à restaurer des espaces agricoles dégradés par le manque d’eau.
Cette approche technique, qui puise dans un savoir-faire local développé depuis les années 1970, avait été ralentie par les conflits successifs. Sa relance témoigne d’une volonté de répondre à un défi environnemental et sanitaire majeur. En fixant le sol, les aménageurs espèrent non seulement atténuer l’impact des tempêtes sur le territoire irakien, mais aussi réduire leurs effets transfrontaliers vers les pays voisins du Golfe. Les responsables du projet reconnaissent l’ampleur de la tâche, mais soulignent une progression méthodique, étape par étape, pour reconquérir des terres face à l’avancée du désert.





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