Planète
L’impasse climatique de Belém

Les négociations de la COP30 s’enlisent dans des discussions nocturnes, menaçant toute avancée significative sur la transition énergétique mondiale.
Les délégations réunies en Amazonie brésilienne peinent à trouver un terrain d’entente alors que la conférence climatique touche à sa fin. Les discussions se poursuivaient tard dans la nuit de samedi, laissant présager un accord minimaliste qui échouerait à acter des mesures concrètes pour réduire la dépendance aux combustibles carbonés. Cette situation reflète les profondes divisions qui persistent entre les nations sur la manière d’accélérer la transition énergétique.
Le texte proposé par la présidence brésilienne a progressivement perdu toute référence explicite aux énergies fossiles, et a finalement évacué la proposition de créer une feuille de route pour organiser leur abandon progressif. Cette orientation déçoit les quatre-vingts pays – européens, latino-américains et insulaires – qui réclamaient des engagements plus fermes, pourtant initialement soutenus par le président Lula lui-même. L’Union européenne a même évoqué la possibilité de quitter les négociations sans accord, ce qui constituerait un revers pour l’hôte brésilien et pour le multilatéralisme climatique.
Les blocages proviennent de plusieurs fronts. Certains États émergents et producteurs d’hydrocarbures, dont l’Inde, l’Arabie saoudite et la Russie, résistent aux contraintes sur les combustibles fossiles. Parallèlement, les pays développés manifestent des réticences à augmenter leur aide financière aux nations vulnérables pour leur adaptation aux dérèglements climatiques. Les discussions se sont recentrées sur un groupe restreint de pays représentant les différentes positions, sans que des progrès substantiels ne filtrent de ces échanges confidentiels.
Le président de la COP30, André Correa do Lago, doit mener à bien la délicate mission d’obtenir un consensus parmi près de deux cents parties, dans un contexte géopolitique tendu où de nombreux gouvernements occidentaux ont relégué les questions climatiques au second plan. Alors que la Colombie et d’autres nations insistent sur la nécessité d’un calendrier de sortie des énergies fossiles, l’issue des négociations reste incertaine, laissant planer le risque d’une déclaration finale sans ambition réelle pour répondre à l’urgence climatique.

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