Économie
L’horlogerie suisse adopte l’énergie solaire pour recycler ses métaux


Une entreprise helvétique inaugure des fours à concentration solaire destinés à transformer les déchets métalliques en nouvelles ressources, marquant une avancée significative dans l’économie circulaire appliquée à la haute technologie.
Dans le berceau historique de l’horlogerie suisse, à La Chaux-de-Fonds, une innovation technologique ouvre de nouvelles perspectives pour le recyclage des métaux précieux. La société Panatère a mis en service deux fours à concentration solaire capables de fondre les résidus industriels pour les transformer en lingots réutilisables. Cette installation pionnière vise à créer une filière locale de valorisation des déchets métalliques, alimentée exclusivement par une énergie renouvelable.
Le procédé repose sur un système optique sophistiqué comprenant un héliostat de 140 mètres carrés et une parabole de dix mètres de diamètre. Cet ensemble concentre les rayons solaires vers un creuset où la température peut atteindre 2000 degrés Celsius, permettant la fusion des métaux les plus résistants. Le directeur général de l’entreprise évoque un projet mûri pendant une décennie, aujourd’hui entré dans sa phase opérationnelle.
Cette initiative répond aux besoins spécifiques des manufacturies horlogères et des fabricants d’instruments médicaux de la région jurassienne, grands consommateurs d’acier de haute qualité. Le système permet de réintégrer dans le circuit de production les chutes métalliques, évitant ainsi leur mise au rebut. L’objectif annoncé est de produire à terme mille tonnes d’acier recyclé par an, selon un modèle d’économie circulaire transfrontalier.
La mise au point de ces prototypes a nécessité de surmonter plusieurs défis techniques, notamment l’adaptation aux conditions climatiques locales. Les équipes ont dû concevoir des systèmes résistant aux vents, aux variations thermiques extrêmes et aux dépôts de poussière saharienne. Ces développements démontrent la viabilité industrielle d’une technologie jusqu’ici considérée comme expérimentale.
Le contexte économique actuel, marqué par la raréfaction et la flambée des cours des métaux, confère une pertinence accrue à ce type d’installation. Les résidus de production, longtemps perçus comme des déchets, représentent désormais une valeur stratégique pour les industriels. Ce projet illustre comment l’innovation technologique peut concilier impératifs environnementaux et rentabilité économique, même dans un pays à hauts salaires comme la Suisse.
Des tests complémentaires seront menés avec les entreprises locales avant la construction d’une unité industrielle prévue pour 2028. Cette réalisation s’inscrit dans une dynamique plus large de réindustrialisation verte, où les circuits courts et les énergies renouvelables redéfinissent les modèles de production traditionnels.





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