Culture
Les boys bands des années 90 font leur grand retour, entre nostalgie et renaissance


Frank Delay et Chris Keller, anciennes stars des 2Be3 et G-Squad, réunissent leurs voix pour raviver la flamme d’une époque mythique. Tournée, album et série à l’appui, ils revisitent les tubes qui ont marqué toute une génération.
Vingt-cinq ans après avoir enflammé les scènes et les charts, Frank Delay et Chris Keller, figures emblématiques des boys bands français, se retrouvent pour un projet inédit. Sous le nom de « Génération Boys Band », ils revisitent les classiques des années 90, de « Partir un jour » à « Baby come back », en passant par les hits internationaux de « Take That » ou « Alliage ». Leur album « Adulescent » et leur tournée actuelle ravivent les souvenirs d’une époque où les mélodies entraînantes et les chorégraphies impeccables régnaient en maîtres.
Frank Delay, ancien membre des 2Be3, confie que l’idée de ce duo est née d’un besoin de retrouver la scène. « J’ai appelé Chris pour lui proposer un projet commun. Il m’a répondu deux ans plus tard, mais le résultat en valait la peine », raconte-t-il avec humour. Chris Keller, ex-G-Squad, souligne quant à lui l’aspect intergénérationnel de leur public. « Nos fans d’hier sont devenus parents et partagent cette passion avec leurs enfants. C’est une belle manière de transmettre cette énergie positive. »
Les années 90 ont vu émerger un phénomène culturel sans précédent. Les boys bands, qu’ils soient français comme les 2Be3 ou internationaux comme « Take That », ont marqué les esprits par leur esthétique soignée et leur marketing bien huilé. Yves Berton, journaliste et auteur de « Boysbanderies », explique que ces groupes étaient souvent le fruit de castings minutieux, privilégiant l’apparence et les valeurs positives. « Leur succès tenait moins à la qualité musicale qu’à leur image et à leur capacité à incarner un idéal. »
Les 2Be3, formés par des amis d’enfance de Longjumeau, ont connu un succès fulgurant, vendant plus de 4 millions de disques en trois ans. Leur leader, Filip Nikolic, disparu tragiquement en 2009, reste une figure inoubliable de cette épopée. De son côté, G-Squad, premier boys band français préfabriqué, a ouvert la voie à une nouvelle ère de la variété. Chris Keller se souvient de cette période comme d’un « tsunami d’émotions », une expérience intense qui a façonné sa vie.
Aujourd’hui, le phénomène des boys bands inspire même le petit écran. Amazon Prime Video prépare une série intitulée « Culte – 2Be3 », qui retrace l’aventure du trio mythique. Frank Delay, consultant sur le projet, voit dans cette production une manière de rendre hommage à une époque où des « gens ordinaires » sont devenus des icônes. « C’est une histoire qui mérite d’être racontée, car elle a profondément influencé notre société », explique-t-il.
Entre nostalgie et renaissance, Frank Delay et Chris Keller prouvent que l’esprit des boys bands est loin d’être éteint. Leur retour sur scène, porté par une énergie intacte, rappelle que ces mélodies et ces chorégraphies ont marqué toute une génération. Et aujourd’hui, elles continuent de faire vibrer les cœurs, jeunes et moins jeunes.





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