Économie
Les agriculteurs sud-africains pris en étau par les mesures protectionnistes américaines
Alors que Donald Trump affichait son soutien aux fermiers afrikaners, ses taxes douanières frappent de plein fouet leurs exportations vers les États-Unis.
Dans les vastes exploitations agricoles d’Afrique du Sud, l’inquiétude grandit face à l’entrée en vigueur, prévue le 7 août, de droits de douane américains de 30 % sur les produits sud-africains. Une décision qui touche particulièrement les filières viticoles et agrumicoles, traditionnellement tournées vers le marché américain.
Le Cap Classique, vin effervescent produit selon la méthode champenoise, bénéficiait jusqu’alors d’une exemption dans le cadre de l’accord AGOA. Mais comme les oranges, les noix de macadamia ou les avocats, il se retrouve désormais soumis à ces nouvelles barrières commerciales. À Robertson, dans la province du Cap-Occidental, les domaines viticoles comme Graham Beck, qui exporte près de 15 % de sa production aux États-Unis, tentent de s’adapter en anticipant leurs livraisons. Une stratégie à court terme qui ne masque pas les incertitudes pour l’avenir.
Les conséquences économiques pourraient être lourdes. Selon les estimations, près de 4 % des exportations agricoles sud-africaines, évaluées à 600 millions de dollars, sont destinées au marché américain. Un chiffre non négligeable dans un secteur qui emploie une main-d’œuvre souvent peu qualifiée. Les répercussions sociales s’annoncent d’autant plus importantes que l’économie sud-africaine, déjà fragilisée par un taux de chômage avoisinant les 33 %, pourrait perdre jusqu’à 100 000 emplois.
Ironie du sort, ces mesures affectent principalement les fermiers afrikaners, pourtant présentés par l’ancien président américain comme une communauté persécutée. Donald Trump avait même accueilli une cinquantaine d’entre eux aux États-Unis, les qualifiant de réfugiés. Pourtant, ses taxes douanières risquent de pénaliser davantage ces exploitants, dont beaucoup dirigent des exploitations familiales centenaires.
À Citrusdal, région réputée pour ses agrumes, les producteurs redoutent un effet domino. Gerrit van der Merwe, dont l’exploitation emploie 2 000 personnes, craint que chaque hectare abandonné ne se traduise par des licenciements massifs, avec des répercussions sur toute l’économie locale. « Que restera-t-il de notre ville si les emplois disparaissent ? », interroge-t-il, soulignant que les agrumes sud-africains, produits hors saison aux États-Unis, ne concurrencent pas directement les producteurs californiens.
Alors que les tensions commerciales s’intensifient, les agriculteurs sud-africains se retrouvent malgré eux au cœur d’un paradoxe. Célébrés par certains discours politiques, ils subissent pourtant de plein fouet les décisions économiques de ceux-là mêmes qui prétendaient les défendre.
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