Économie
Lecornu trace sa voie en écartant les revendications de la gauche


Le Premier ministre a précisé sa feuille de route budgétaire et politique, tout en opposant un refus net à plusieurs propositions des partis de gauche, à quelques jours de la formation de son gouvernement.
Sébastien Lecornu a confirmé la tenue d’un Conseil des ministres avant le début de la session parlementaire, prévue pour le 1er octobre. Le chef du gouvernement a reçu les formations politiques de l’Assemblée nationale et du Sénat, tout en excluant toute idée de recrutement de personnalités issues du Parti socialiste au sein de son futur exécutif. Il a insisté sur la nécessité pour ses ministres d’adhérer aux orientations définies par la majorité actuelle, issue de la droite et du centre.
Sur le plan budgétaire, le locataire de Matignon a écarté plusieurs mesures portées par la gauche et les syndicats, telles que le rétablissement de l’impôt sur la fortune ou la mise en place d’une taxe Zucman. Il a réaffirmé son opposition à une hausse générale de la fiscalité, tout en concédant des ajustements à venir. La suspension de la réforme des retraites, autre demande de l’opposition, ne figure pas non plus à l’agenda gouvernemental, selon ses déclarations.
Le Premier ministre a annoncé que le projet de loi de finances s’appuierait sur une « feuille blanche », marquant une rupture avec le plan d’économies de son prédécesseur. Parmi les leviers évoqués figurent une réduction de six milliards d’euros des dépenses de l’État, une meilleure maîtrise des budgets sociaux et locaux, ainsi qu’un texte renforçant la lutte contre les fraudes. Les crédits alloués aux retraites et à la santé seront par ailleurs augmentés.
Face à une dette publique dépassant 115 % du PIB, l’objectif de déficit pour 2026 a été légèrement relevé à 4,7 %, tout en maintenant le cap des 3 % à l’horizon 2029. Alors que le Rassemblement national pourrait jouer un rôle décisif dans les votes parlementaires, Sébastien Lecornu a indiqué examiner des modifications concernant l’Aide médicale d’État, sans pour autant envisager de moratoire sur les énergies renouvelables. Ces positions ont d’ores et déjà suscité des critiques vives parmi les syndicats et les partis de gauche.





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