Culture
Le Théâtre national de Strasbourg brise la barrière des langues
Une initiative inédite propose des surtitres dans une quinzaine de langues pour élargir l’accès à la culture et créer de nouveaux publics.
Au Théâtre national de Strasbourg, la traditionnelle salle obscure se transforme en un espace de convergence linguistique. Cette saison, l’institution propose un dispositif pionnier en France. Plusieurs spectacles sont accompagnés de surtitrages dans des langues telles que le pachto, le roumain, le turc ou le farsi. L’objectif est clair. Il s’agit de rendre le théâtre accessible à des personnes qui, pour diverses raisons, ne maîtrisent pas suffisamment le français.
Lors d’une récente représentation, l’accueil du public s’est fait en arabe, en turc et en français. Sur scène, les comédiens jouaient en français tandis que les dialogues étaient projetés simultanément dans deux autres langues. Cette approche a attiré une assistance diversifiée, composée notamment de collégiens accompagnés de leurs parents, de personnes en cours d’apprentissage du français ou de simples curieux.
Cette démarche est née d’une prise de conscience de la directrice de l’établissement. En constatant que l’absence d’interprétation pouvait priver certains individus de leurs droits, elle a souhaité appliquer ce principe à l’accès à la culture. L’idée a donc germé d’identifier les langues les plus parlées sur le territoire et de proposer un surtitrage adapté. Pour ce faire, le théâtre s’est associé à une structure spécialisée dans l’interprétation, qui a traduit les textes de sept œuvres, du classique à la création contemporaine.
Le résultat est tangible. Des tragédies de Racine sont désormais accessibles en dari ou en pachto. Des pièces britanniques récentes sont proposées en géorgien ou en arabe. Depuis le lancement de cette offre, soutenue par un mécène, plusieurs centaines de spectateurs non francophones ont franchi les portes du théâtre. Pour les équipes, le défi consiste maintenant à faire connaître cette possibilité auprès des communautés concernées. Cela implique un travail de terrain, en dehors des circuits habituels de communication, pour informer directement les personnes dans leurs lieux de vie.
Les retours sont éloquents. Pour de nombreux spectateurs, voir leur langue maternelle affichée dans un théâtre national est perçu comme une forme de reconnaissance et de fierté. Des familles ukrainiennes, par exemple, ont exprimé une émotion particulière en assistant à une pièce surtitrée dans leur langue, dans un contexte personnel souvent difficile. Cette initiative dépasse donc la simple traduction. Elle touche à la dimension symbolique et inclusive de la langue.
L’ambition pour les saisons à venir est de consolider ce dispositif. L’objectif n’est plus d’élargir indéfiniment la palette linguistique, mais de proposer plusieurs spectacles dans un nombre plus restreint de langues. Cette approche permettrait de fidéliser les nouveaux spectateurs et de construire avec eux un véritable parcours culturel. Par ailleurs, l’outil de surtitrage développé à Strasbourg pourrait être exporté lors des tournées, en France et en Europe. Pour la directrice du théâtre, cette expérience confirme une conviction. La langue reste le vecteur essentiel pour rencontrer l’autre et partager une expérience artistique commune.
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