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Le spectre d’El Niño plane sur les récifs coralliens mondiaux

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Les scientifiques redoutent qu’un puissant épisode d’El Niño en 2026 n’inflige des dommages irréversibles aux coraux, déjà éprouvés par des vagues de blanchissement successives.

Le retour attendu du phénomène climatique El Niño, dont l’intensité pourrait être exceptionnelle en 2026, suscite une vive inquiétude parmi les chercheurs. Ce cycle naturel, qui se manifeste habituellement tous les deux à sept ans, perturbe les températures, les vents et les précipitations à l’échelle du globe. Son dernier passage remonte à 2023-2024. Les prévisionnistes estiment désormais qu’un nouvel épisode, potentiellement très marqué, pourrait survenir cette année, avec des conséquences redoutées pour les écosystèmes marins.

Le réchauffement des eaux de surface, conjugué à une diminution de la couverture nuageuse dans certaines régions, constitue une menace directe pour les récifs coralliens. Les épisodes mondiaux de blanchissement ont toujours coïncidé avec les années El Niño, rappellent les spécialistes. Ce phénomène se produit lorsque la symbiose entre le corail et les algues microscopiques qui le nourrissent est rompue sous l’effet de la chaleur excessive. Privé de ces algues, le corail perd ses couleurs et se retrouve en situation de carence nutritionnelle. Si la température de l’eau ne redescend pas rapidement, il s’expose à la malnutrition, aux infections et, à terme, à la mort.

Le blanchissement localisé et sporadique fait partie du cycle naturel des récifs. Mais sa répétition et son ampleur croissante, amplifiées par le réchauffement climatique, deviennent alarmantes. Les coraux n’ont plus le temps de se rétablir entre deux épisodes, ce qui compromet leur capacité à se reproduire. Le dernier épisode massif de blanchissement a été déclaré en 2024. Dans les Caraïbes, certains coraux sont déjà en situation d’extinction fonctionnelle. La Grande Barrière de corail, au large de l’Australie, a perdu entre 15 et 40 % de sa couverture corallienne sur plusieurs sites entre 2024 et 2025.

Un El Niño puissant aggraverait encore la situation en maintenant des températures marines déjà trop élevées. Les chercheurs soulignent que la température moyenne des océans ces dernières années équivaut à celle enregistrée lors du pic de blanchissement mondial de 1998. Certaines espèces de coraux montrent une résistance accrue à la chaleur, mais elles ne peuvent compenser les pertes massives subies ailleurs.

Des techniques de protection sont à l’étude, allant de l’apport de gels nutritionnels à des méthodes d’ombrage ou de modification génétique. Ces approches, bien qu’innovantes, ne font que retarder l’échéance selon les scientifiques. L’ampleur et la durée exactes du prochain El Niño restent incertaines, car d’autres facteurs locaux, comme les températures régionales ou les vents dans l’océan Indien, entrent en jeu. Mais même en l’absence d’un épisode majeur, les perspectives à long terme demeurent sombres. Près de la moitié des coraux de la planète ont disparu en quelques décennies, fragilisant des écosystèmes essentiels à de nombreuses espèces marines et à la protection des côtes.

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