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Le sel d’Oléron fait barrage à la mer qui monte
Sur l’île d’Oléron, la réintroduction des marais salants devient une arme face aux submersions. Des sauniers redonnent vie à un savoir-faire oublié pour…


Sur l’île d’Oléron, la réintroduction des marais salants devient une arme face aux submersions. Des sauniers redonnent vie à un savoir-faire oublié pour protéger les côtes.
Simon Poinot et sa sœur Annabelle ont relancé la production de sel dans les salines de leur arrière-grand-père au Château-d’Oléron. Le métier de saunier avait disparu de l’île dans les années 1980. Aujourd’hui, une petite quinzaine de producteurs ont repris le chemin des marais. Leur travail ne se limite pas à la récolte du gros sel et de la fleur de sel. Ces zones humides, appelées zones tampons, peuvent absorber des millions de litres d’eau lors des tempêtes. Un atout précieux alors que le dérèglement climatique multiplie les submersions marines sur cette façade atlantique.
La tempête Xynthia, en 2010, a marqué les esprits. Annabelle se souvient des voisins paniqués avec soixante à quatre-vingts centimètres d’eau dans leurs maisons. La pointe sud de l’île subit l’une des plus fortes érosions d’Europe, avec un recul du littoral de plus de cinquante mètres enregistré à l’hiver 2013-2014. Les digues coûtent cher après 2010, le département a investi plus de treize millions d’euros à Oléron dans un plan global de 230 millions. Les marais salants offrent une alternative naturelle moins onéreuse et plus durable. Le chercheur Éric Chaumillon, spécialiste du littoral, rappelle que réserver des zones basses inondables permet de limiter les hauteurs d’eau et de protéger les habitations.
Entretenir ces marais est donc vital pour les sauniers et pour les habitants. L’hiver, Simon et Annabelle réparent les bassins, les canaux et les écluses. La communauté de communes consacre 90 000 euros par an à leur réfection. Sur l’île de Ré voisine, les marais salants ont permis au XIe siècle de gagner 1 500 hectares sur la mer. À Oléron, la dynamique reprend avec 650 aires de récolte aujourd’hui, contre 4 000 sur l’île de Ré. Un appel à candidatures a même été lancé en 2025 pour un poste de saunier sur un marais communal de deux hectares. Le sel devient à la fois un rempart contre l’océan et un moteur économique et touristique. Une renaissance qui transforme une tradition en solution concrète face au changement climatique.





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