Monde
Le Royaume-Uni resserre drastiquement les conditions d’accueil des demandeurs d’asile

Le gouvernement travailliste présente un train de mesures restrictives visant à limiter l’immigration irrégulière, tandis que les traversées de la Manche en petites embarcations se poursuivent à un rythme soutenu.
Le gouvernement britannique a dévoilé ce lundi une réforme d’envergure de sa politique d’asile, présentée comme la plus ambitieuse jamais mise en œuvre pour endiguer les arrivées irrégulières. Cette refonte intervient dans un contexte de pression migratoire persistante, avec près de 40 000 personnes ayant franchi la Manche depuis le début de l’année, un chiffre en hausse par rapport à l’exercice précédent.
Parmi les dispositions phares figure la transformation du statut de réfugié en titre temporaire. Les bénéficiaires devront quitter le territoire dès que leur pays d’origine sera considéré comme sûr, avec un réexamen de leur situation tous les trente mois. Le délai pour solliciter un titre de séjour permanent passe de cinq à vingt ans, s’inspirant ainsi du modèle en vigueur au Danemark. Parallèlement, les voies de recours en cas de rejet de demande d’asile seront restreintes.
Le système d’aides sociales connaît également une révision profonde. Le versement automatique d’allocations aux demandeurs d’asile sera supprimé, de même que la prise en charge hôtelière systématique, dont le coût fait l’objet de vives critiques. Les personnes en capacité de travailler mais n’exerçant pas d’activité professionnelle, ainsi que celles condamnées par la justice, se verront retirer ces prestations. Le gouvernement étudie par ailleurs la possibilité de prélever une contribution sur les biens et ressources financières des requérants pour financer leur hébergement.
Sur le plan juridique, Londres envisage de réviser l’application de la Convention européenne des droits de l’homme sur son territoire. Le champ de l’article 8 relatif au droit à la vie familiale serait restreint aux seuls cas impliquant des proches déjà établis au Royaume-Uni. La législation sur l’esclavage moderne, dérivée de l’article 3 de la Convention, ferait également l’objet d’un recalibrage pour limiter son invocation dans les procédures d’asile.
La diplomatie britannique sera mobilisée pour faire pression sur certains pays récalcitrants. L’Angola, la Namibie et la République démocratique du Congo se voient accorder un mois pour améliorer leur coopération en matière de réadmission de leurs ressortissants en situation irrégulière, sous peine de restrictions visa. D’autres États affichant des taux élevés de demandes d’asile pourraient ultérieurement être concernés par ces mesures de rétorsion.
Ces annonces ont provoqué de vives réactions au sein même de la majorité travailliste et parmi les organisations de défense des droits des migrants. Un élu du Labour a dénoncé une rhétorique alimentant les divisions, tandis que le Refugee Council a qualifié ces dispositions de sévères et contre-productives. Le gouvernement se défend de toute instrumentalisation politique, alors que les sondages placent le parti anti-immigration Reform UK en tête des intentions de vote.

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