Monde
Le président malgache dénonce une tentative de déstabilisation institutionnelle

Alors que les manifestations se poursuivent dans la capitale, le chef de l’État accuse des forces extérieures de manipuler le mouvement contestataire pour renverser le pouvoir en place.
Le président Andry Rajoelina a qualifié vendredi le vaste mouvement de protestation secouant Madagascar de tentative de déstabilisation des institutions. Dans une déclaration diffusée sur les réseaux sociaux, le chef de l’État a affirmé que des acteurs politiques nationaux et internationaux orchestreraient une manœuvre visant à le renverser hors du cadre électoral. Cette annonce intervient alors que de nouveaux affrontements ont éclaté entre forces de l’ordre et manifestants à Antananarivo.
Le mouvement de contestation, initié fin septembre pour dénoncer les pénuries récurrentes d’eau et d’électricité, a progressivement évolué vers des revendications politiques exigeant le départ du président. La mobilisation, particulièrement soutenue par la jeunesse active sur les plateformes numériques, s’est étendue à plusieurs villes de province. Le pouvoir exécutif dénonce une manipulation informationnelle et cybernétique destinée à semer le trouble dans le pays.
Les autorités ont procédé au bouclage du centre-ville de la capitale où les commerces sont restés fermés. Des unités de sécurité circulaient en véhicules dans les artères principales tandis que des dispersions de rassemblements par des moyens anti-émeute étaient signalées dans différents quartiers. Des rassemblements similaires ont été observés dans les grandes agglomérations du nord au sud du territoire.
Cette crise politique survient après le limogeage de l’ensemble du gouvernement lundi dernier, une mesure qui n’a pas apaisé les tensions. Le collectif regroupant les différentes composantes de la contestation exige désormais d’être associé au processus de désignation du futur Premier ministre et réclame l’ouverture d’une enquête internationale sur les interventions des forces de l’ordre. Plusieurs syndicats, dont ceux des secteurs de l’eau et de l’électricité, ont appelé à la grève générale.
L’opposition politique, dans une déclaration commune rare, a également demandé la démission du chef de l’État. La situation rappelle les précédents épisodes de tension qui ont marqué l’histoire récente de la Grande Île, où Andry Rajoelina avait déjà accédé au pouvoir en 2009 à la faveur d’un mouvement populaire avant de se faire élire président en 2018 puis en 2023. Malgré d’importantes ressources naturelles, Madagascar demeure l’un des pays les plus pauvres de la planète, avec une majorité de sa population vivant sous le seuil de pauvreté.

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