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Le parquet réclame jusqu’à seize ans de prison pour le chef présumé du clan Yoda, un trafic qui rapportait des millions

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Au procès du gang marseillais Yoda, le procureur a demandé des peines records, allant de un à seize ans de prison. Félix Bingui, surnommé « Le Chat », et son bras droit sont visés par les réquisitions les plus lourdes.

Pendant deux semaines, le tribunal correctionnel de Marseille a disséqué l’organisation du clan Yoda, du nom du célèbre maître Jedi de Star Wars. Lundi, le parquet a mis les pieds dans le plat. Il a requis des peines allant jusqu’à seize ans de prison contre Félix Bingui, considéré comme la tête pensante du réseau. Ce n’est pas tout. Pour Mohamed Hussein Saleh, présenté comme son second, douze ans ont été demandés. Et pour Zine Eddine Belkai, en fuite, la cour a entendu dix ans. Toutes ces peines devraient être assorties d’une période de sûreté des deux tiers. Le procureur a aussi réclamé 500 000 euros d’amende pour « Le Chat ». Son ton était clair. Il a rappelé que des mois d’enquête avaient permis de remonter jusqu’aux dirigeants. « La réalité, ce sont des quantités astronomiques de drogues proposées à la population marseillaise », a-t-il lancé.

Le réseau Yoda gérait plusieurs points de vente dans les quartiers Nord, en particulier celui de « La Fontaine », à l’entrée de la cité de la Paternelle. Les enquêteurs ont observé un va-et-vient incessant. « Un client toutes les 30 secondes », a souligné le procureur. La nuit, un feu de palettes éclairait la cité. Le lieu était privatisé, tenu par des « barrières » humaines. Cette guerre des territoires a explosé début 2023 entre les Yoda et la DZ Mafia. Le bilan est terrible. Le magistrat a rappelé les chiffres. « En 2023, c’est 52 décès et 124 blessés, rien qu’à Marseille. » Les réseaux sont armés. Ils se battent pour l’argent et le contrôle des points de deal.

De son côté, Félix Bingui a tout nié. Arrêté au Maroc en mars 2024 puis extradé, il a tenté d’expliquer son train de vie par des gains au poker et des paris sportifs. Mais les preuves s’accumulent. Hôtels de luxe, montres Rolex, vols en classe affaires entre Marseille, Dubaï, le Maroc ou la Thaïlande. Le procureur a décrit une organisation rodée. « Il se positionne en chef d’équipe, en supérieur hiérarchique. On lui rend des comptes, il réprimande. » Les écoutes téléphoniques et les témoignages de proches le désignent comme « le patron », le « boss ». Son avocat, Me Philippe Ohayon, a dénoncé une peine « totalement disproportionnée », parlant de « laboratoire » pour le parquet. Me Gaétan Poitevin, qui défend le bras droit, a aussi crié à l’excès. Les autres prévenus, convoyeurs ou blanchisseurs, risquent de un à six ans de prison. Les plaidoiries commencent mardi. Le verdict est attendu en fin de semaine.

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