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Le Mali sous haute tension après des offensives coordonnées

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Trois jours après des assauts d’une ampleur inédite menés par des groupes jihadistes et des rebelles touareg, le pouvoir malien vacille et ses alliés russes reconnaissent une situation “difficile”.

La nervosité gagne le Mali depuis les attaques simultanées de samedi, orchestrées par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) et les indépendantistes du Front de libération de l’Azawad (FLA). Ces opérations ont visé des installations stratégiques jusqu’aux abords de Bamako, plongeant la junte au pouvoir dans une crise inédite. Le général Assimi Goïta, leader du régime militaire, n’a plus été aperçu ni ne s’est exprimé depuis le début des hostilités, alimentant les interrogations sur sa situation personnelle et l’unité de la junte. La mort du ministre de la Défense, Sadio Camara, figure centrale du rapprochement avec Moscou, constitue un coup dur pour le pouvoir.

La Russie a reconnu mardi que les forces adverses se regroupaient et que la situation sécuritaire demeurait “difficile”. Le ministère russe de la Défense a également confirmé le retrait de l’Africa Corps, des paramilitaires déployés en soutien à la junte, de la ville clé de Kidal, désormais aux mains des groupes armés. Ces aveux publics fragilisent le discours officiel malien, qui vantait jusqu’ici une inversion de la tendance sécuritaire grâce à de nouveaux partenariats étrangers et un effort militaire accru.

Sur le terrain, l’armée malienne a abandonné plusieurs positions dans la région de Gao, notamment à Labbezanga, près de la frontière nigérienne, selon des sources locales. Dans la soirée de lundi, deux fortes détonations ont été entendues en périphérie de Bamako, suivies d’un retour au calme et du bruit de drones de surveillance. La base aérienne 101, déjà visée samedi, se trouve dans ce secteur. La mort de Sadio Camara, tué à son domicile dans la ville-garnison de Kati, fief de la junte, illustre la vulnérabilité du régime, même au cœur de son dispositif.

Les analystes estiment que l’objectif de cette coalition entre JNIM et FLA n’est pas une prise du pouvoir à Bamako, mais la reconquête des régions du Nord, dont Kidal, tombée aux mains des rebelles. La région de Mopti, dans le centre du pays, a également été le théâtre d’attaques et la situation sécuritaire y reste confuse. L’inhumation du ministre de la Défense, attendue jeudi, sera scrutée pour savoir si le général Goïta y fera une apparition.

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