Société
La disparition silencieuse des officines rurales en France
Plus de deux mille pharmacies ont cessé leur activité en une décennie, un phénomène qui frappe durement les campagnes et interroge l’avenir de l’accès aux soins.
En l’espace de dix ans, la France a perdu plus de 2 000 pharmacies, soit environ 10 % de son réseau d’officines. Le nombre d’établissements est désormais passé sous la barre symbolique des 20 000 sur l’ensemble du territoire. Le Conseil national de l’Ordre des pharmaciens tire la sonnette d’alarme : entre 2014 et 2024, la baisse a été continue et particulièrement marquée dans certaines zones. Les départements les plus touchés sont l’Allier avec une chute de 23 %, suivi de la Saône-et-Loire avec 20 %, puis de l’Ariège, de l’Yonne et du Gers, chacun enregistrant une diminution de 19 %. Seuls trois territoires, le Haut-Rhin, le Bas-Rhin et les Hautes-Alpes, ont vu leur nombre d’officines augmenter sur la période.
Ce phénomène touche en priorité les zones rurales, où l’accès aux médicaments devient un véritable parcours du combattant. Dans la commune de Bazouges Cré sur Loir, dans la Sarthe, la pharmacie locale a fermé ses portes il y a six mois. Pour tenter d’attirer un repreneur, le maire a proposé une réduction du loyer. Malgré un candidat séduit par l’emplacement, l’affaire ne s’est pas conclue. L’édile explique que le professionnel, âgé de 50 ans, ne souhaitait pas travailler dix heures par jour, six jours sur sept, et que le chiffre d’affaires ne permettait pas d’embaucher un salarié supplémentaire pour alléger la charge. Les habitants doivent désormais parcourir une dizaine de minutes en voiture pour rejoindre la pharmacie la plus proche.
Les difficultés économiques des officines expliquent en grande partie ce recul. Les charges, qu’il s’agisse de l’électricité ou des salaires, augmentent tandis que les marges se réduisent. Le président du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens souligne ce déséquilibre croissant. Par ailleurs, la filière peine à attirer les jeunes. Les études de pharmacie sont de moins en moins prisées, souvent considérées comme un choix par défaut par rapport à la médecine. Cette désaffection risque d’aggraver encore la situation dans les territoires déjà fragilisés, où les déserts pharmaceutiques gagnent du terrain chaque année.
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