Monde
Le Lion d’or de Venise se joue entre émotion et géopolitique


Une édition marquée par l’actualité mondiale et des œuvres fortes, où le film sur Gaza de Kaouther Ben Hania a créé l’événement.
La 82e Mostra de Venise a clos samedi sa compétition en décernant ses récompenses, au terme d’une édition où les enjeux artistiques se sont mêlés aux préoccupations politiques. Le Lion d’or, suprême distinction, était particulièrement attendu cette année, avec parmi les favoris *The Voice of Hind Rajab* de la réalisatrice tunisienne Kaouther Ben Hania. Ce long-métrage, acclamé par près de vingt-trois minutes d’ovation, s’appuie sur les enregistrements authentiques des appels de détresse d’une fillette palestinienne de cinq ans, dont le destin tragique avait ému le monde entier en janvier 2024.
Le jury, présidé par le cinéaste Alexander Payne, avait la lourde tâche de départager vingt-et-une œuvres aux tonalités variées, allant du drame intimiste à la fresque historique. Si le film sur Gaza a polarisé l’attention, d’autres productions ont également marqué les esprits, à l’image du *Mage du Kremlin* porté par Jude Law, plongeant dans l’entourage de Vladimir Poutine, ou encore *The Smashing Machine* qui a révélé une facette méconnue de Dwayne Johnson dans le rôle d’un combattant de MMA.
L’édition 2025 n’a pas échappé aux mobilisations citoyennes. Des collectifs comme Venice4Palestine ont appelé à une prise de conscience autour du conflit israélo-palestinien, organisant marches et actions symboliques sur le Lido. Certains artistes ont arboré des pins ou des messages lors de leurs passages sur le tapis rouge, rappelant que le festival, bien que lieu de glamour, reste un espace de expression politique.
La présence hollywoodienne a été remarquée, avec des figures telles que George Clooney, Julia Roberts ou Amanda Seyfried, dont les performances pourraient bien présager des nominations aux Oscars. Le cinéma asiatique n’était pas en reste, avec le retour très attendu du Coréen Park Chan-wook et les débuts prometteurs de la Taïwanaise Shu Qi à la réalisation.
La cérémonie de clôture doit se poursuivre avec la projection de *Chien 51*, thriller français imaginant un Paris futuriste où la surveillance est confiée à l’intelligence artificielle. Une conclusion qui résonne étrangement avec les questionnements soulevés tout au long de cette Mostra, entre réflexion sur le pouvoir, l’éthique et les dérives technologiques.





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