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Le gouvernement élargit son soutien face à la crise énergétique sans préciser ses futures coupes budgétaires

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Face à la persistance des tensions au Moyen-Orient et à leurs répercussions sur le prix des carburants, l’exécutif a dévoilé un nouveau train de mesures d’aide, sans toutefois clarifier les économies nécessaires pour préserver l’équilibre des finances publiques.

Le Premier ministre et une dizaine de membres du gouvernement ont présenté, jeudi lors d’une conférence de presse, une prolongation et un renforcement des dispositifs de soutien destinés à atténuer l’impact de la hausse des prix à la pompe. Ce paquet, d’un montant de 710 millions d’euros, vise à accompagner les secteurs les plus exposés, sans pour autant détailler les ajustements budgétaires à venir. L’objectif affiché est de monter en puissance tout en maintenant une approche ciblée, comme l’a souligné le chef du gouvernement, désireux de ne laisser personne de côté.

Les aides sectorielles en faveur de l’agriculture, des transports, de la pêche et du bâtiment seront maintenues jusqu’à l’été. Par ailleurs, les entreprises sont incitées à verser une prime carburant revalorisée à leurs employés. Les aides à domicile et les fonctionnaires, particulièrement dépendants de la voiture, bénéficieront d’une revalorisation de leurs indemnités kilométriques. L’aide destinée aux gros rouleurs, fixée jusqu’alors à 50 euros, sera doublée pour atteindre 100 euros.

Le Premier ministre a prévenu que le conflit au Moyen-Orient risquait de s’inscrire dans la durée, qu’il prenne une forme larvée ou qu’il connaisse une escalade militaire. Cette perspective impose, selon lui, une gestion prudente des finances publiques pour ne pas freiner la croissance. Les économies nécessaires seront précisées lors d’un comité d’alerte sur les finances publiques prévu en juin. Le gouvernement a déjà annoncé six milliards d’euros de gels ou d’annulations de crédits sur les dépenses publiques pour 2026, dont quatre milliards sur le budget de l’État et deux milliards dans la sphère sociale.

Le chef du gouvernement a écarté toute baisse générale de la fiscalité sur les carburants, jugée trop coûteuse pour les finances publiques, bien que cette mesure soit réclamée par une partie de l’opposition. Il a également exclu toute injonction à la sobriété énergétique, estimant qu’il ne fallait pas imposer de leçons aux Français sur leur mode de vie. Le gouvernement mise plutôt sur les entreprises, en relevant de 300 à 600 euros le plafond de la prime carburant défiscalisée versée aux salariés.

Les signaux d’alerte se multiplient sur le front économique. Le Fonds monétaire international a abaissé sa prévision de croissance pour la France à 0,7 % pour 2026, tout en appelant à une réponse budgétaire limitée, temporaire et ciblée. Le président du Sénat, Gérard Larcher, a mis en garde contre un risque de récession, alors que l’activité en France a enregistré son plus fort recul depuis cinq ans et demi en mai. Le conflit au Moyen-Orient perturbe le passage par le détroit d’Ormuz, une voie essentielle pour le transport du pétrole et du gaz, ce qui fait grimper les prix des carburants et des matériaux dérivés, tout en alourdissant le coût de la dette publique.

Le rapporteur général du budget au Sénat, Jean-François Husson, a réclamé le dépôt sans délai d’un budget rectificatif pour clarifier les économies envisagées. Le ministre des Comptes publics, David Amiel, a précisé que la guerre ne générait aucun surplus fiscal pour l’État, les recettes supplémentaires liées à la hausse des prix étant partiellement compensées par la baisse de la consommation.

L’opposition n’a pas manqué de critiquer l’absence d’annonces concrètes. Le coordinateur de La France insoumise, Manuel Bompard, a déploré que les millions de Français subissant la hausse des prix continuent d’être affectés sans solution sérieuse. Par ailleurs, la hausse mécanique du Smic de 2,4 % au 1er juin a relancé les demandes de négociations salariales, tandis que les entreprises redoutent un gel des allègements de cotisations sociales, dont le coût est estimé à deux milliards d’euros.

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