Économie
Le G20 face à l’épreuve des divisions géopolitiques

Les dirigeants réunis à Johannesburg s’alarment de l’affaiblissement du forum international, miné par les dissensions sur les grands dossiers mondiaux.
La pertinence du G20 dans la résolution des crises internationales est sérieusement compromise par les tensions géopolitiques et les absences remarquées. Plusieurs chefs d’État ont exprimé leurs craintes lors de l’ouverture du sommet à Johannesburg, où les désaccords sur le conflit ukrainien ont dominé les débats. Le président français a souligné la difficulté croissante à traiter les grandes questions mondiales autour de cette table, tandis que le Premier ministre britannique a reconnu la complexité du chemin à parcourir.
Les dirigeants européens ont multiplié les consultations informelles pour élaborer une position commune concernant les propositions américaines sur l’Ukraine. Le plan en vingt-huit points présenté par Washington a été jugé nécessitant des approfondissements, particulièrement sur les garanties de sécurité pour Kyiv. Les participants ont manifesté leur préoccupation concernant les dispositions qui pourraient affaiblir la capacité défensive de l’Ukraine face à de potentielles agressions futures.
La Chine a pour sa part dénoncé la montée des tendances unilatéralistes et protectionnistes, s’interrogeant sur l’état de la solidarité internationale. Seul le président sud-africain a maintenu un discours optimiste, réaffirmant la valeur du multilatéralisme face aux défis globaux. Le sommet a malgré tout adopté une déclaration finale appelant à une paix durable dans plusieurs zones de conflit, dont l’Ukraine, et plaidant pour une meilleure sécurisation des approvisionnements en minerais stratégiques.
L’Argentine a immédiatement fait connaître son désaccord avec le texte, estimant que le document ne rendait pas compte de la complexité de la situation au Moyen-Orient. Cet incident illustre les fractures persistantes au sein du groupe, d’autant que les États-Unis avaient préalablement exprimé leur opposition à toute déclaration commune. La cérémonie de passation de présidence s’annonce elle-même incertaine, Washington ayant décidé de n’envoyer qu’un représentant diplomatique.

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