News
Au cœur du bastion d’Evo Morales, la rébellion qui défie le pouvoir bolivien
Dans le Chapare, région rurale du centre de la Bolivie, des cultivateurs de coca campent en plein état d’exception pour protéger l’ancien président Evo…


Dans le Chapare, région rurale du centre de la Bolivie, des cultivateurs de coca campent en plein état d’exception pour protéger l’ancien président Evo Morales et faire plier le gouvernement. Un bras de fer qui dure depuis des semaines.
Ils sont des dizaines, abrités sous des bâches en toile, à quelques mètres d’un campement militaire. Des blocs de pierre à portée de main, prêts à tout moment à bloquer à nouveau les routes. Dans le Chapare, fief historique d’Evo Morales, la rébellion ne faiblit pas. Malgré l’état d’exception décrété par le président Rodrigo Paz, les habitants tiennent leur position. Ils refusent de laisser le gouvernement reprendre le contrôle de ce territoire pauvre et isolé, où la feuille de coca est reine.
L’ancien président, qui a dirigé la Bolivie de 2006 à 2019, se terre ici depuis plusieurs semaines. Il ne répond pas à un mandat d’arrêt émis dans une affaire de traite présumée de mineure, des accusations qu’il rejette en bloc. « Je ne vais pas me rendre, celui qui négocie sa survie n’est pas digne », a-t-il lancé dans une interview. C’est depuis cette région peuplée de 260 000 habitants qu’il a annoncé une trêve dans les barrages routiers, après près de deux mois de blocus qui ont asphyxié les villes boliviennes, privées de nourriture, de médicaments et de carburant. Mais la trêve est fragile. En bord de route, des hommes veillent, prêts à reprendre l’action. « La lutte continue jusqu’à ce que ce maudit gouvernement s’en aille », crie Rosalia Vilca, 39 ans, vendeuse de plats régionaux sur la place de Shinahota.
La feuille de coca est partout dans le Chapare. Dans les champs, sur les bords de route où elle sèche au soleil, dans les traditions des peuples indigènes qui la mâchent pour atténuer la fatigue et la faim. Mais plus de 90 % de la production échappe aux circuits autorisés, selon l’ONU. Un chiffre qui nourrit les soupçons de narcotrafic, même si les habitants se défendent. « Dans les villes, on dit que les gens du Chapare sont des narcotrafiquants, mais ce n’est pas vrai », assure Zulma Torres, 42 ans, employée de la gare routière de Shinahota. « Ici on travaille, et on subit les blocages comme tout le monde », ajoute-t-elle, avant de prévenir : « Nous sommes prêts à donner notre vie pour Evo. »
Le gouvernement de Rodrigo Paz promet de « récupérer chaque territoire qui aujourd’hui ne nous appartient pas », en référence au Chapare. En attendant, les habitants vivent sous pression. Les coupures d’électricité se multiplient, accusées d’être des représailles. L’essence, déjà rare, se vend au marché noir à des prix exorbitants. « On achète dans la rue à un prix démentiel, on est ruinés », raconte Nicolas Garcia, chauffeur de 52 ans. Dans le village de Lauca Eñe, fief d’Evo Morales, des familles entières campent à la belle étoile pour former un bouclier humain autour de l’ancien président. Des soupes populaires sont servies en quechua et en espagnol. « En agissant comme ça, ils provoquent la révolte », prévient Mario Flores, marchand de légumes. Le Chapare tient bon, et le bras de fer est loin d’être fini.





NewsEn Ligne 4 joursLe Turkménistan, pays reclus, fait un pas timide vers les touristes



CultureEn Ligne 5 joursUn escalier à 300 000 euros embrase le conseil municipal de Nice



NewsEn Ligne 6 joursLes employeurs doivent-ils vous laisser quitter le boulot quand il fait trop chaud ?



PolitiqueEn Ligne 7 joursMéduses en Méditerranée attention elles sont de retour et pour de bon



CultureEn Ligne 3 joursPharrell transforme Paris en plage géante pour son défilé Louis Vuitton



CultureEn Ligne 2 joursLe patron de Canal+ sort l’artillerie lourde contre l’Arcom après la mise en demeure de CNews



NewsEn Ligne 5 joursUn cycliste de 55 ans meurt pendant la vague de chaleur dans le Finistère



Faits DiversEn Ligne 2 joursUn double séisme fait trembler le Venezuela : immeubles effondrés, panique à Caracas








