Économie
L’avenir de Perrier se joue au tribunal


_**La justice doit trancher ce mardi sur la demande de suspension des ventes formulée par l’UFC-Que Choisir, qui remet en cause l’appellation « eau minérale naturelle » utilisée par Nestlé Waters.**_
Le tribunal judiciaire de Nanterre rend son verdict ce mardi concernant la requête en suspension de commercialisation des bouteilles Perrier. Cette décision constitue un nouvel épisode dans un contentieux de deux ans opposant le géant agroalimentaire à l’association de consommateurs. L’UFC-Que Choisir estime que les procédés de microfiltration employés par Nestlé Waters privent ses produits du droit à l’appellation d’eau minérale naturelle.
L’association réclame l’interdiction de commercialisation et la cessation de ce qu’elle qualifie de pratiques trompeuses. Elle soutient que les traitements subis par l’eau modifient sa composition originelle, contredisant ainsi les exigences réglementaires attachées à cette dénomination. La présidente de l’organisation affirme que les juges ont l’occasion de rappeler les critères stricts régissant l’appellation d’eau minérale naturelle.
Nestlé Waters conteste fermement ces accusations, rejetant notamment toute mise en cause de la sécurité sanitaire de ses produits. Le groupe maintient que toutes ses eaux restent parfaitement consommables. Il justifie l’emploi de techniques de filtration dans le cadre d’un plan de transformation validé en 2023, tout en reconnaissant avoir dû adapter ses procédés sous injonction des autorités sanitaires.
En parallèle de cette bataille judiciaire, le groupe a déployé une campagne d’information dans les points de vente et la presse. Ces communications précisent que les eaux Perrier, Contrex et Hépar pourraient ne pas correspondre à la définition des eaux minérales naturelles selon l’analyse étatique de leur microfiltration. Cette démarche préventive ne semble cependant pas avoir affecté les volumes de vente, qui demeurent stables, voire en progression sur le dernier trimestre.
Le débat dépasse le seul cas Perrier et oppose désormais Nestlé Waters à d’autres acteurs du secteur, regroupés au sein de la Maison des eaux minérales naturelles. Ce syndicat professionnel, qui rassemble notamment Danone et des producteurs plus modestes, défend une interprétation stricte de la réglementation. Il considère que l’appellation exige une pureté originelle préservée sans traitement modificateur, position qui s’oppose frontalement aux pratiques de Nestlé Waters.
La décision judiciaire attendue ce mardi pourrait donc avoir des conséquences significatives sur le marché des eaux embouteillées, au-delà du seul sort des produits Perrier. Elle intervient alors que Nestlé Waters doit toujours obtenir de nouvelles autorisations préfectorales pour l’exploitation de ses forages.





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