Monde
L’austérité de Milei provoque une grogne sociale grandissante en Argentine
Les syndicats argentins ont défilé à Buenos Aires à la veille du 1er mai pour protester contre la politique d’austérité du président ultralibéral Javier Milei. La principale centrale syndicale du pays a averti qu’elle entendait intensifier la contestation sociale.
Plusieurs milliers de personnes ont convergé jeudi vers la place de Mai, haut lieu de la contestation argentine, pour exprimer leur mécontentement face aux mesures d’ajustement budgétaire et à la réforme du travail impulsées par le chef de l’État. Dans une atmosphère ponctuée de pétards et de percussions, les manifestants ont répondu à l’appel des organisations syndicales, qui promettent une escalade du conflit social.
« Nous allons durcir les conflits, la patience est épuisée », a lancé Octavio Argüello, secrétaire général adjoint de la Confédération générale du travail (CGT), depuis l’estrade installée sur la place. « Il n’est plus acceptable que ce soit toujours le peuple qui paie le prix de l’ajustement », a-t-il ajouté sous les acclamations de la foule. Son collègue à la codirection, Jorge Sola, avait annoncé avant le rassemblement une « action de force bien plus sévère », sans toutefois confirmer l’organisation d’une nouvelle grève générale, qui serait la cinquième depuis l’arrivée au pouvoir de Javier Milei en décembre 2023.
La mobilisation, avancée d’un jour par rapport à la traditionnelle date du 1er mai, n’a rempli qu’à moitié l’esplanade emblématique située face au palais présidentiel. Dans les rangs, les participants ont exprimé leurs craintes face à plusieurs dispositions de la réforme, notamment l’allongement du temps de travail, la remise en cause des indemnités de licenciement et l’affaiblissement des protections collectives. « Nous perdons des droits acquis, et la conjoncture économique devient chaque jour plus rude », a résumé Oscar Marin, employé dans le secteur du recyclage. Luz Marina Jaureguiberry, représentante du syndicat enseignant Sadop, a pour sa part dénoncé un modèle ultralibéral qui « porte atteinte à la justice sociale ».
Ce 1er mai intervient dans un climat social tendu, marqué par l’adoption en février dernier d’une vaste réforme visant à déréguler le marché du travail. Ce texte, contesté devant les tribunaux par plusieurs organisations qui le jugent « inconstitutionnel », a été défendu par l’exécutif comme un levier pour flexibiliser l’emploi et stimuler l’activité économique. L’Argentine compte aujourd’hui 43 % de travailleurs dans le secteur informel, une proportion en augmentation constante depuis deux ans.
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