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Économie

1er-Mai sous tension : syndicats et commerçants dans l’attente de la loi

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Les organisations syndicales entendent défendre le caractère chômé de ce jour férié historique, tandis que boulangers et fleuristes peinent à discerner les règles applicables.

Les syndicats se préparent à descendre dans la rue pour préserver le seul jour férié obligatoirement non travaillé pour les salariés. Plus de trois cents rassemblements sont programmés sur l’ensemble du territoire, et les autorités anticipent la participation d’environ cent mille personnes. À Paris, le cortège s’élancera de la place de la République en direction de la place de la Nation, avec à sa tête les dirigeantes de la CFDT et de la CGT. L’affluence pourrait être influencée par les débats récents sur le travail un 1er-Mai et la hausse des prix des carburants, bien que la date coïncide avec un week-end et des vacances scolaires encore en cours pour certaines régions. L’année précédente, les chiffres de la mobilisation avaient oscillé entre cent cinquante-sept mille et trois cent mille participants selon les sources.

Au-delà de la défense du caractère chômé de cette journée, les organisations syndicales entendent porter des revendications liées au pouvoir d’achat, dans un contexte de regain inflationniste, et à la démocratie, à un an de l’élection présidentielle. Le secrétaire général de l’Unsa insiste sur la nécessité de préserver un cadre démocratique, condition essentielle à la protection des travailleurs, alors que la loi du plus fort prévaut sur la scène internationale.

Face à l’opposition unanime des syndicats, le gouvernement a renoncé à une proposition de loi qui aurait permis d’employer des salariés le 1er-Mai dans les commerces de bouche, les fleuristes et les établissements culturels. L’exécutif a recentré cette possibilité sur les seuls artisans boulangers et fleuristes, sous réserve d’accords de branche, avec un texte législatif dont l’entrée en vigueur est prévue avant 2027. Les cinq confédérations syndicales représentatives jugent ce projet dangereux, craignant qu’il n’ouvre la voie à des extensions futures. La secrétaire générale de la CGT estime que le texte concernerait au maximum deux cent mille salariés, un chiffre qu’elle juge encore trop élevé. Pour le numéro deux de la CFDT, ce 1er-Mai revêt une importance particulière en raison des tentatives de remise en cause de son caractère chômé.

Dans l’attente de la nouvelle loi, l’incertitude règne pour cette journée. Le ministre du Travail a indiqué n’avoir donné aucune consigne de non-verbalisation aux inspecteurs du travail vis-à-vis des boulangers et fleuristes qui feraient travailler leurs équipes, tout en appelant à faire preuve d’intelligence collective. Une note de la Direction générale du Travail invite les agents à tenir compte du contexte particulier de ce 1er-Mai, avec une loi en préparation. Un boulanger de la banlieue parisienne a ainsi décidé d’ouvrir son établissement avec ses salariés, croyant que cela était désormais possible si ceux-ci se portaient volontaires. Une inspectrice du travail déplore une situation ambiguë qui expose les agents de contrôle à des risques de tensions. Elle souligne également que le nombre limité d’inspecteurs ne permet pas d’envisager des contrôles massifs, et que de nombreuses entreprises, notamment les supermarchés, ouvrent déjà en misant sur l’absence de sanctions.

Sur le plan politique, le sujet continue de diviser la majorité. Le ministre de la Justice a mis en garde contre une approche trop légère de ce débat, rappelant la charge historique du 1er-Mai pour les ouvriers et les employés. L’ancien Premier ministre Gabriel Attal doit quant à lui jouer les vendeurs dans une boulangerie de la région parisienne. Le candidat des Républicains à l’Élysée, Bruno Retailleau, fera campagne à Cholet sur le thème du travail gagnant.

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