Économie
L’accord UE-Mercosur entre en application provisoire malgré les oppositions
Après plus de vingt-cinq ans de négociations, le traité de libre-échange entre l’Union européenne et les quatre pays du Mercosur entre en vigueur ce vendredi de manière provisoire, suscitant de vives réactions dans le monde agricole.
Ce pacte commercial, qui doit créer l’une des plus vastes zones de libre-échange de la planète en réunissant plus de sept cents millions de consommateurs, a été finalisé mi-janvier. Dès ce vendredi, les droits de douane sur les automobiles, les médicaments et les vins exportés par l’UE vers l’Argentine, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay seront supprimés ou fortement réduits, selon les services de la Commission européenne.
Le commissaire européen au Commerce, Maros Sefcovic, a salué une journée historique. À l’inverse, l’eurodéputée française Manon Aubry a dénoncé ce qu’elle considère comme un jour sombre pour les agriculteurs européens, redoutant une concurrence déloyale avec des centaines de milliers de tonnes de denrées agricoles importées à des normes sanitaires et environnementales moins exigeantes.
Cet accord a connu de multiples rebondissements depuis le lancement des premières discussions à la fin des années 1990. Les partisans, emmenés par l’Allemagne et l’Espagne, y voient un levier pour dynamiser l’économie européenne face à la concurrence chinoise et aux droits de douane américains. À l’opposé, la France, la Pologne et de nombreuses organisations agricoles craignent un afflux de produits moins chers et un affaiblissement des contrôles.
Pour tenter de désamorcer les critiques, Bruxelles a multiplié les concessions ces derniers mois, notamment en renforçant les garanties pour les filières les plus exposées. En vain. Des agriculteurs ont manifesté leur mécontentement à Bruxelles et à Strasbourg, tracteurs et fumigènes en main, dénonçant l’entrée facilitée du bœuf, du sucre, du riz, du miel et du soja sud-américains via des quotas détaxés jugés alarmants.
Le Parlement européen a saisi la justice pour vérifier la légalité du texte. En attendant une décision de la Cour de justice de l’Union européenne, qui pourrait intervenir dans plus d’un an, la Commission a choisi d’appliquer l’accord de façon provisoire, une prérogative que lui confère le droit européen. Cette décision a été critiquée par la France, dont le président Emmanuel Macron a évoqué une mauvaise surprise.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, régulièrement prise pour cible par les manifestants, justifie cette orientation par la nécessité de diversifier les partenariats commerciaux, en particulier après le retour de Donald Trump à la Maison Blanche. Elle a d’ailleurs conclu des accords similaires avec l’Inde fin janvier et avec l’Australie en mars.
Pour marquer l’entrée en vigueur du pacte avec le Mercosur, Ursula von der Leyen et le président du Conseil européen, Antonio Costa, s’entretiendront par visioconférence avec les dirigeants des quatre pays concernés.
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