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Laurent Degallaix contraint de quitter ses fonctions après une lourde condamnation judiciaire

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Le maire Horizons de Valenciennes écope d’une peine d’inéligibilité immédiate de cinq ans pour prise illégale d’intérêts et subornation de témoin, le contraignant à abandonner tous ses mandats électifs.

Le tribunal judiciaire de Lille a prononcé ce jeudi une peine d’inéligibilité de cinq ans avec exécution provisoire à l’encontre de Laurent Degallaix, maire de Valenciennes et président de la communauté d’agglomération Valenciennes Métropole. Cette sanction, la plus sévère prévue par la loi dans ce type de procédure, s’accompagne d’une condamnation à deux ans d’emprisonnement avec sursis et d’une amende de 20 000 euros. L’élu, présent lors du délibéré, a quitté la salle d’audience rapidement, entouré de ses avocats, sans formuler la moindre déclaration.

Les faits reprochés à Laurent Degallaix remontent à plusieurs années. Il a été reconnu coupable d’avoir usé de son influence pour faire embaucher une femme avec laquelle il entretenait une relation intime au sein d’une société chargée de la gestion du stationnement dans la commune. Il a également tenté de la dissuader de maintenir une plainte déposée à son encontre. Enfin, il a été jugé responsable d’avoir utilisé sa position pour précipiter le licenciement d’une autre femme, proche d’opposants politiques locaux.

Dans ses motivations, la présidente du tribunal a évoqué un « sentiment d’impunité » et une « perte de repères complète » chez l’élu, soulignant la gravité des manquements constatés. Le parquet avait requis en février une peine similaire, assortie d’un an de détention à domicile sous surveillance électronique et d’une amende de 25 000 euros. Malgré ce contexte judiciaire, M. Degallaix, âgé de 60 ans, avait été réélu de justesse en mars dernier au second tour des élections municipales, recueillant 32,5 % des suffrages.

Eric Darques, représentant de l’association Anti-Corruption, a salué une décision judiciaire qu’il juge exemplaire. Selon lui, l’exécution provisoire de la peine envoie un signal clair : un élu qui se permet de tels agissements n’a pas sa place à la tête d’une collectivité. Le procureur avait déjà insisté lors de l’audience sur la « gravité des manquements » et la « réitération » des infractions, rappelant que M. Degallaix avait déjà été condamné pour des faits similaires par le passé.

L’avocat de l’élu, Me Philippe Simoneau, avait tenté sans succès de reporter le procès après les municipales, dénonçant des réquisitions « totalement disproportionnées » et une « exécution politique ». Trois autres prévenus impliqués dans cette affaire ont également été condamnés. Un membre de la société de stationnement concernée a écopé de dix-huit mois de prison avec sursis, 10 000 euros d’amende et quatre ans de privation du droit d’éligibilité. Les deux derniers ont respectivement été condamnés à douze et six mois d’emprisonnement avec sursis.

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