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L’audiovisuel public sous le feu des parlementaires


Une commission d’enquête parlementaire examine minutieusement les fondements du service public médiatique français, dans un contexte de vives tensions politiques et de défis financiers.
L’Assemblée nationale a engagé depuis mardi 25 novembre un examen approfondi du secteur audiovisuel public. Cette commission d’enquête, composée de trente-et-un députés, se penchera pendant treize semaines sur les questions d’impartialité éditoriale, d’organisation interne et de modèle économique des chaînes et radios publiques. L’initiative émane du groupe UDR d’Éric Ciotti, qui a activé son droit de tirage annuel pour mettre sur pied cette instance d’investigation.
Sous la direction conjointe du député Jérémie Patrier-Leitus et du rapporteur Charles Alloncle, la commission prévoit d’auditionner une cinquantaine de personnalités d’ici le printemps 2026. L’éventail des personnes conviées s’annonce particulièrement large, incluant d’anciens présidents de la République, des journalistes renommés, des dirigeants de groupes médiatiques et des animateurs ayant quitté l’antenne. Cette démarche intervient dans un climat institutionnel déjà marqué par des critiques récurrentes concernant l’objectivité des médias publics et leur situation financière préoccupante.
La création de cette instance a provoqué des réactions contrastées au sein de l’hémicycle. Plusieurs élus de gauche dénoncent une démarche partiale, estimant que France Télévisions et Radio France font déjà l’objet de pressions multiples. Le président de la commission s’est défendu de toute volonté de mener un procès contre le service public, affirmant rechercher avant tout la transparence sur l’utilisation des fonds publics.
Le rapporteur Charles Alloncle a précisé que ses travaux n’avaient pas pour objet de se prononcer sur une éventuelle privatisation, mais d’éclairer le fonctionnement et la gestion financière de l’audiovisuel public. Il a notamment pointé des rémunérations qu’il juge disproportionnées, évoquant des salaires moyens élevés et une trente de cadres percevant plus de 200 000 euros annuels. La commission devra maintenant accélérer son rythme de travail, avec quatre à sept auditions programmées chaque semaine, avant la remise d’un rapport final attendu pour le mois de mars.





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