Monde
L’armée syrienne affirme avoir pris le contrôle d’un point clé dans le nord du pays


_**Les forces gouvernementales poursuivent leur avancée dans des zones tenues par les Kurdes, malgré les appels internationaux à la désescalade.**_
Les forces armées syriennes ont annoncé, ce dimanche, s’être emparées d’une localité d’importance stratégique dans le nord du pays. Cette progression militaire intervient dans un contexte de vives tensions avec les formations kurdes, qui administraient de manière autonome cette région depuis plus d’une décennie. Le pouvoir de Damas étend ainsi son autorité sur de nouveaux territoires, en dépit des injonctions répétées de plusieurs capitales occidentales.
Les troupes gouvernementales se sont rapprochées de Raqa, l’ancien fief syrien du groupe État islamique. Cette avancée fait suite à une impasse dans les discussions entre le pouvoir central et les représentants kurdes. Après avoir engagé des opérations pour reprendre des quartiers d’Alep la semaine dernière, l’armée a sommé les combattants kurdes de se retirer d’un secteur situé entre l’est de la métropole nordique et le fleuve Euphrate. Des renforts ont été massés et des bombardements ont précédé l’offensive terrestre lancée samedi, donnant lieu à des affrontements dont les deux camps ont rapporté qu’ils étaient meurtriers.
Dès l’aube dimanche, les autorités de Damas ont proclamé le contrôle de la ville de Tabqa, dans la province de Raqa, précisant que ce gain incluait le principal barrage du pays sur l’Euphrate. Les unités kurdes contestent cette version, affirmant que cette localité n’était pas concernée par l’accord de retrait qu’elles avaient accepté. Selon des sources officielles syriennes, les ponts permettant de rejoindre Raqa depuis la rive occidentale du fleuve ont été détruits dans la nuit, isolant davantage la ville.
Cette reprise en main militaire s’inscrit dans la volonté affichée par le président Ahmad al-Chareh de rétablir la souveraineté de l’État sur l’ensemble du territoire national. Sur le terrain, l’entrée des forces gouvernementales dans certaines localités, comme Deir Hafer, a été constatée, tandis que des scènes d’accueil par des populations majoritairement arabes ont été rapportées à Maskana. Parallèlement, des combats d’une grande intensité ont été signalés dans plusieurs zones à l’est de l’Euphrate.
La communauté internationale observe cette escalade avec préoccupation. Les États-Unis, par l’intermédiaire de leur commandement militaire pour la région, ont exhorté les forces syriennes à mettre un terme à leurs opérations offensives. La France a, quant à elle, appelé à un arrêt immédiat des hostilités, soulignant que la stabilité de la Syrie passait par l’intégration des formations kurdes qui ont combattu l’EI.
Cette crise militaire survient alors qu’un processus politique, conclu en mars dernier, visait justement à intégrer les institutions kurdes dans l’État syrien. Vendredi, le pouvoir a pris un décret historique reconnaissant les droits nationaux de la minorité kurde et accordant un statut officiel à sa langue. Cette mesure, saluée comme un premier pas par l’administration autonome kurde, a été jugée insuffisante pour répondre pleinement aux aspirations de cette communauté, qui a longtemps souffert de marginalisation.





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