Planète
L’archipel des Bijagos, joyau de Guinée-Bissau, grignoté par les flots


_**Classé au patrimoine mondial, ce sanctuaire de biodiversité et ses communautés voient leur existence compromise par l’érosion côtière, un phénomène amplifié par les changements climatiques et les pressions locales.**_
Le paysage idyllique de l’archipel des Bijagos, avec ses plages de sable fin et ses eaux cristallines, dissimule une réalité plus sombre. La montée du niveau de la mer et le recul du littoral menacent directement cet ensemble d’îles, pourtant récemment inscrit par l’Unesco sur sa liste du patrimoine mondial. Ce territoire abrite une faune et une flore d’une richesse remarquable, incluant des espèces emblématiques comme les lamantins, les hippopotames marins et d’importantes colonies d’oiseaux migrateurs.
Pour les quelque vingt-cinq mille résidents répartis sur une vingtaine d’îles, cette évolution du trait de côte représente un péril immédiat. Les activités traditionnelles, notamment la pêche artisanale, et les habitats se retrouvent en première ligne. À Bubaque, l’une des îles les plus peuplées, le constat est sans appel. Les témoignages recueillis décrivent un rivage qui se réduit d’année en année, parfois de plusieurs mètres, grignotant les plages et endommageant les infrastructures.
Les causes de cette érosion accélérée sont multiples. Au-delà de l’impact global du réchauffement climatique, des facteurs locaux aggravent la situation. Une urbanisation croissante, le ruissellement des eaux de pluie et certaines pratiques, comme le dépôt de déchets sur les côtes, fragilisent les écosystèmes naturels qui constituaient autrefois une barrière protectrice. Les mangroves, essentielles à la stabilité des rivages, sont particulièrement affectées.
Les initiatives pour contrer ce phénomène existent mais peinent à suivre l’ampleur des dégâts. Des actions de reboisement et de sensibilisation des populations sont menées par des organisations locales. Cependant, les moyens déployés sont jugés insuffisants face à l’étendue du problème. Les observateurs pointent un manque d’implication des autorités nationales dans la mise en œuvre d’une politique de conservation robuste et coordonnée.
Cette situation place les communautés insulaires dans une position de grande vulnérabilité. Elle interroge également sur l’avenir de ce patrimoine naturel exceptionnel, dont la préservation dépasse le cadre local pour revêtir une dimension universelle. La résilience de l’archipel face aux assauts de l’océan dépendra de la capacité à conjuguer efforts internationaux et engagement soutenu des instances nationales.





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SIMONE
8 janvier 2026 at 6 h 38 min
Cet article est en triple.
Pourquoi ?