Économie
L’Anses déploie une stratégie élargie contre les substances perfluoroalkylées

L’agence sanitaire française propose un cadre renforcé pour surveiller ces composés chimiques persistants, présents dans tous les compartiments environnementaux.
L’Agence nationale de sécurité sanitaire a formulé des préconisations pour améliorer le contrôle des substances perfluoroalkylées, communément appelées « polluants éternels ». Ces composés chimiques, réputés pour leur extrême persistance dans l’environnement, font l’objet de deux rapports qui préconisent d’élargir significativement leur surveillance. L’approche retenue couvre désormais 247 molécules sur les milliers que compte cette famille chimique.
Pendant vingt-quatre mois, les experts ont rassemblé près de deux millions de données concernant 142 PFAS déjà mesurés, tout en intégrant des informations supplémentaires sur d’autres substances identifiées dans des foyers de contamination. La méthodologie repose sur l’attribution d’un score à chaque molécule, fondé sur sa présence environnementale et sa toxicité. Cette démarche permet de cibler les composés les plus préoccupants pour optimiser les dispositifs de vigilance.
Parmi les avancées notables, l’Anses suggère d’étendre la liste des PFAS contrôlés dans l’eau potable dès 2026, avec l’ajout de cinq substances supplémentaires. L’acide trifluoroacétique figure en bonne place dans ces recommandations, en raison de sa fréquence de détection dans les ressources hydriques et de sa présence avérée dans le sang humain. Bien que non réglementée à ce jour, cette molécule utilisée dans divers secteurs industriels fait l’objet d’une évaluation toxicologique par les instances européennes.
Le domaine alimentaire bénéficie également d’attention, avec une proposition d’élargissement des contrôles au-delà des quatre PFAS actuellement surveillés dans certains produits. L’agence recommande d’inclure plus d’une vingtaine de ces composés et d’étendre les analyses à des denrées comme les céréales, les fruits et légumes, ainsi que les aliments destinés aux enfants.
Les investigations ont par ailleurs mis en lumière d’importantes lacunes dans les connaissances, particulièrement concernant la présence de ces substances dans l’air, les sols et les poussières. L’Anses souligne la nécessité d’étudier d’autres voies d’exposition, notamment via les matériaux en contact avec les aliments ou l’eau, ainsi que les produits de construction. Les expositions professionnelles constituent un autre champ d’investigation prioritaire, faisant l’objet d’une étude spécifique dont les résultats sont attendus prochainement.

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