Économie
L’Allemagne suspend ses livraisons d’armes à Israël face à l’offensive sur Gaza

Pour la première fois depuis le début du conflit, Berlin prend une mesure concrète pour marquer son désaccord avec la stratégie militaire israélienne.
Le gouvernement allemand a décidé de geler temporairement les exportations d’armes susceptibles d’être utilisées dans la bande de Gaza. Cette décision, annoncée vendredi, constitue un tournant dans la position de Berlin, traditionnellement alignée sur les intérêts israéliens. Elle intervient après la révélation des plans du Premier ministre Benjamin Netanyahu visant à étendre le contrôle militaire israélien sur l’enclave palestinienne, déjà ravagée par neuf mois de conflit.
Lors d’un échange téléphonique, le dirigeant israélien a fait part de sa désapprobation, estimant que cette sanction revenait à « récompenser le terrorisme du Hamas ». Il a réaffirmé que l’objectif de son gouvernement n’était pas l’annexion, mais l’éradication du mouvement islamiste et l’instauration future d’une administration locale pacifique. Des arguments qui n’ont pas convaincu le chancelier Friedrich Merz, selon lequel l’opération militaire compromet davantage la situation humanitaire.
Les autorités allemandes ont autorisé depuis octobre 2023 des livraisons d’armement à Israël pour un montant de 485 millions d’euros, incluant des équipements lourds et des technologies militaires. Un soutien justifié par la doctrine du « raison d’État », héritée de la chancelière Angela Merkel, qui fait de la sécurité d’Israël une priorité nationale. Toutefois, l’ampleur des destructions à Gaza et les risques de famine, dénoncés par les Nations unies, ont poussé Berlin à revoir sa position.
La mesure a suscité des réactions contrastées sur la scène politique allemande. Si les sociaux-démocrates l’ont saluée comme une réponse nécessaire à la crise humanitaire, les conservateurs bavarois y voient une rupture dommageable avec une alliance stratégique. Les organisations juives du pays ont quant à elles exprimé leur inquiétude, rappelant les menaces persistantes pesant sur Israël dans la région.
Cette décision s’inscrit dans un contexte de pressions croissantes, tant au niveau international qu’au sein de l’opinion publique allemande. Un récent sondage révèle que deux tiers des citoyens attendent de leur gouvernement un rôle plus actif pour infléchir la politique israélienne. Berlin maintient cependant son refus de reconnaître un État palestinien en l’absence d’accord préalable entre les parties, tout en appelant à des négociations urgentes.

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