Planète
L’A69 face à ses juges, un chantier au bord de la décision


_**La cour administrative d’appel de Toulouse examine ce jeudi le sort de l’autoroute contestée reliant Toulouse à Castres. L’avis du rapporteur public, favorable à la poursuite des travaux, oriente les débats avant l’arrêt attendu début janvier.**_
L’avenir de l’autoroute A69 se joue ce jeudi devant la cour administrative d’appel de Toulouse. Cette audience constitue l’ultime étape juridique avant la décision définitive sur la légalité du projet, dont les travaux ont déjà largement progressé. Mardi, le rapporteur public a recommandé aux magistrats d’annuler la décision du tribunal administratif qui avait suspendu le chantier fin février, estimant que le projet ne présentait pas un intérêt public majeur justifiant ses impacts environnementaux.
L’État, qui avait fait appel de cette suspension, avait obtenu en mai un sursis à exécution, permettant la reprise des travaux durant l’été. Actuellement, près d’un millier de personnes sont mobilisées sur ce chantier dont l’avancement est évalué à plus de 80% pour les terrassements. La phase finale, consistant en la pose du revêtement, est programmée à partir du mois prochain. Le ministre des Transports, Philippe Tabarot, réaffirme l’objectif d’une mise en service à l’automne 2026.
Les opposants, regroupés au sein du collectif La Voie est libre, espèrent quant à eux une confirmation de l’arrêt des travaux. Ils redoutent qu’un jugement défavorable ne rende caduque leur éventuel recours devant le Conseil d’État, qui interviendrait trop tardivement, l’infrastructure étant alors pratiquement achevée. Le collectif a par ailleurs émis des doutes sur l’impartialité de la formation de jugement, une requête en récusation ayant été rejetée. La cour siègera exceptionnellement à cinq magistrats en raison de la complexité du dossier.
Parallèlement à cette procédure administrative, les opposants engagent une action pénale. Ils ont annoncé le dépôt d’une plainte cette semaine, accompagnée d’un référé pénal environnemental, visant des dépassements supposés de l’emprise autorisée du chantier. Cette manœuvre juridique d’urgence cherche également à obtenir une suspension des activités. Le maître d’ouvrage, pour sa part, se déclare concentré sur l’exécution de son contrat dans le respect des décisions de justice.





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