Monde
La vie suspendue dans le sud syrien sous la pression des opérations israéliennes

Les habitants des provinces méridionales de la Syrie subissent au quotidien les conséquences des interventions militaires israéliennes. Alors que des pourparlers de sécurité sont évoqués, la population vit dans l’incertitude et l’insécurité.
Mohammad al-Ali contemple les ruines de sa demeure à Hamidiyé, réduite à néant lors d’une opération des forces israéliennes. Comme quinze autres habitations, elle a été démolie pour permettre le passage des blindés, selon ce fonctionnaire quinquagénaire. La zone, désormais sous contrôle israélien, lui est interdite d’accès. Il rappelle avec amertume l’attachement des Syriens à ces terres, condition sine qua non, selon lui, à toute perspective de paix.
Ces incursions s’inscrivent dans un contexte de tensions persistantes sur le plateau du Golan syrien, où l’armée israélienne a renforcé sa présence depuis l’arrivée au pouvoir des autorités actuelles à Damas. Les opérations, justifiées par Tel-Aviv comme des actions préventives contre des cibles militaires, modifient profondément le quotidien des civils. Dans le palais de justice de Qouneitra, récemment évacué par les troupes israéliennes, des graffitis en hébreu témoignent de leur passage, tandis qu’à l’extérieur, le paysage urbain n’est que désolation.
Les organisations de défense des droits humains pointent du doigt des déplacements forcés de populations et des destructions d’habitations, des actes qualifiés de violations du droit international. La Force des Nations unies pour l’observation du désengagement patrouille toujours dans la région, mais son mandat, hérité des accords de 1974, semble mis à rude épreuve. Les habitants, comme Raafat al-Khatib, expriment leur crainte face aux contrôles inopinés et aux arrestations.
L’activité économique pâtit également de cette situation. Ayman Zaytoun, confiseur à Khan Arnaba, déplore une chute vertigineuse de son chiffre d’affaires en raison des perturbations quotidiennes. Comme beaucoup, il appelle les autorités syriennes à garantir la sécurité des civils, tout en réaffirmant son opposition à toute normalisation avec l’État hébreu tant que perdure l’occupation.
Sur le terrain, les positions militaires syriennes apparaissent abandonnées ou détruites le long de l’axe Damas-Qouneitra. Selon une source locale, seules les forces de sécurité intérieure demeurent présentes dans la province. Les nouvelles autorités de Damas, prioritisant la stabilité après des années de conflit, s’abstiennent de toute escalade militaire. Un responsable provincial souligne que la paix souhaitée par la population signifie la fin des hostilités, et non une reconnaissance de l’état actuel des choses.

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