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La réforme constitutionnelle calédonienne, un texte sous haute tension à l’Assemblée

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Le projet de révision du statut de la Nouvelle-Calédonie arrive ce mardi en commission parlementaire, dans un contexte politique particulièrement tendu et en l’absence de consensus, notamment au sein de la gauche.

Les députés de la commission des Lois entament cet après-midi l’examen d’un texte qui engage l’avenir institutionnel de l’archipel du Pacifique. Ce projet, déjà voté par le Sénat, vise à organiser une consultation locale avant la fin du mois de juillet. Les électeurs seraient appelés à se prononcer sur les accords négociés l’an dernier entre l’État et les représentants politiques calédoniens.

L’initiative prévoit également d’inscrire dans la loi fondamentale la création d’un « État de la Nouvelle-Calédonie », disposant d’une nationalité propre et susceptible d’être reconnu sur la scène internationale. Cette perspective, soutenue par une partie des forces en présence, reste toutefois vivement contestée par une frange du camp indépendantiste.

Le principal point de crispation réside dans la composition du corps électoral pour les futures élections provinciales, dont la tenue est attendue avant la fin du premier semestre. Le texte propose un élargissement de l’électorat, actuellement restreint aux personnes présentes sur le territoire avant 1998 et à leurs descendants. Cette modification est réclamée par les formations non indépendantistes, qui y voient une condition préalable à la mise en œuvre des accords. À l’inverse, les partisans de l’indépendance y perçoivent un risque de dilution de l’électorat kanak et militent pour un maintien des règles actuelles.

La situation politique à Paris complique singulièrement l’adoption du texte. Le gouvernement ne dispose pas d’une majorité assurée à l’Assemblée nationale, et le soutien des socialistes, crucial, fait pour l’instant défaut. Ces derniers jugent le projet porteur de risques et plaident pour la tenue des élections provinciales avant toute négociation constitutionnelle d’envergure. L’opposition du Rassemblement national à un report du scrutin et les réserves d’une partie de la gauche rendent l’issue du vote incertaine.

Au-delà des débats parlementaires, les acteurs politiques redoutent une résurgence des tensions sur le territoire, près de deux ans après une période de violences ayant causé d’importants dégâts humains et matériels. Les discussions en commission constituent une première étape, avant un examen en séance plénière prévu la semaine prochaine. Le chemin législatif s’annonce étroit pour un texte dont la portée historique n’échappe à personne.

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