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Société

Inceste parental : l’urgence d’entendre vraiment les enfants, selon une élue

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La députée Maud Petit insiste sur la nécessité de mieux recueillir la parole des mineurs victimes, pointant des lacunes humaines et financières dans le système judiciaire.

La présidente d’une commission d’enquête parlementaire sur le traitement judiciaire de l’inceste parental alerte sur l’importance cruciale d’écouter les enfants avec sérieux. Maud Petit, députée du Val-de-Marne, estime que des moyens supplémentaires sont indispensables pour éviter que les témoignages ne soient négligés. Cette instance, lancée en février, examine également la situation des parents dits protecteurs, ceux qui tentent de défendre leur enfant face à un conjoint accusé.

Les premières auditions révèlent des défaillances structurelles, selon l’élue. Le manque de juges et d’effectifs policiers, combiné à une insuffisance de salles adaptées pour recueillir la parole des mineurs sans les traumatiser davantage, compromet souvent la procédure. Si le premier entretien avec l’enfant échoue, la suite de l’enquête s’en trouve généralement compromise. Un constat qui souligne l’urgence d’investir dans des dispositifs spécialisés.

L’affaire Coline Berry, qui a accusé son père Richard Berry d’inceste avant un classement sans suite pour prescription, illustre les difficultés rencontrées par les victimes. Maud Petit observe que la société oscille entre compassion et déni, peinant à admettre qu’une personne appréciée puisse être un agresseur. Ce mécanisme de rejet, selon elle, pousse parfois à discréditer la parole des plaignants, au lieu de reconnaître la complexité des violences intrafamiliales.

Face à ces obstacles, la députée plaide pour une réforme en profondeur. Les statistiques restent floues, mais une estimation récurrente avance que seulement 1 % des auteurs d’inceste seraient condamnés. Un chiffre qui ne signifie pas pour autant l’absence de faits, mais plutôt une difficulté à les caractériser. Les experts judiciaires et les médecins devraient, comme les magistrats, bénéficier de formations régulières pour mieux appréhender ces dossiers.

Parmi les pistes évoquées, figurent la création d’ordonnances de protection pour l’enfant et une réflexion sur la dépénalisation du refus de présenter un mineur au parent suspecté d’inceste en cas de séparation. L’accompagnement des victimes, tout au long du parcours judiciaire, apparaît également comme une priorité pour éviter que la quête de justice n’aggrave leur traumatisme.

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